L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s5.t5.10
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s5.t5.10
- Language
- French
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Le Bouddhisme — C'est seulement quand nous arrivons au sommet de l'échelle que nous rencontrons la création spécialement orthodoxe des Buddhas et des Bodhisattvas. De ces curieux échantillons d'humanité divinisée les sculptures nous ont montré le LA SOCIÉTÉ — Quoi qu'il en soit sur ce point, rien de ce que peut nous conter la littérature religieuse ne vaudra jamais, sur la forme extérieure des croyances, tant hindoues que bouddhiques, le témoignage des monuments car, outre que cette littérature ne brille guère par l'exactitude ni le sens du réel, on sait comment toute description, si longue soit-elle, pâlit à côté de ce que nous apprennent en un instant les yeux. Ce qui est vrai pour la mythologie ne l'est pas moins pour la société avec toutes les catégories de dieux n'avons nous pas vu défiler toutes les classes d'hommes ? L'intérêt documentaire des images ne le cède donc en rien à celui des bas reliefs, encore que pour la meilleure part les deux se confondent¹ Toutefois à ceux-ci nous pouvons demander surtout des tableaux de la vie et des rites, à celles-là, grâce à leur échelle plus grande, des précisions sur les costumes, voire même sur le type des principaux acteurs. Enfin, dans un pays de population aussi mêlée que le fut toujours le Gandhâra, il faut s'attendre à ce que le recensement de nos figurants entraîne bien au delà de ses frontières naturelles.
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Alors sans doute comme aujourd'hui, dans le bazar de Péshawar, se coudoyaient des gens montés des plaines du Gange avec d'autres descendus des plateaux de l'Asie centrale. un minutieux relevé de leurs différences ethniques permettra de classer géographiquement les donateurs de nos sculptures, sinon de répartir par nationalités les physionomies si vivantes de nos figures de chaux. Certaines statues, comme la figure 368, à force de sincérité, prennent rang à côté des types monétaires les plus instructifs, et nous n'avons aucune raison d'éprouver une moindre confiance dans leur témoignage que dans celui des médailles. Mais à quoi bon insister plus longuement sur les alléchantes promesses de cette terre promise aux futurs chercheurs, et que nous commençons seulement à entrevoir ? Sans prétendre prophétiser, bornons-nous à répéter de l'art gréco bouddhique ce que les textes sacrés² nous corps idéalement beau, tandis que les livres nous révélaient la sublimité de leur âme. Mais tous les documents sont loin d'avoir la même attitude à l'égard de ces produits originaux de la spéculation et de l'art-bouddhiques, et tout de suite l'on devine les services chronologiques que pourrait nous rendre, si nous parvenions à la dater, la forme gandhârienne de la tradition figurée.
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Qu'elle partage avec les plus vieux textes, y compris les parties anciennes du Divyâvadâna et du Mahâvastu, la croyance messianique en la future venue de Maitrêya, les représentations certaines qu'elle a données de celui-ci ne nous ont permis sur ce point aucun doute. Déjà, il devient incertain si, sur la question de la multiplicité des Bodhisattvas, le gros des œuvres de la bonne époque n'est pas débordé par le préambule du Lalita-vistara. Seules, en tout cas, les compositions apparemment postérieures au 1er siècle de notre ère nous ont fait pressentir, à moins qu'elles ne le reflètent, le diffus radotage du Lotus de la Bonne Loi et du Sukhâvatî-vyûha. Née et développée sur le terrain d'une des quatre grandes sectes primitives, celle des Sarvâstivâdins, l'école nous a semblé ainsi, vers son déclin, prête à verser dans ce Mahâyâna à l'avènement duquel — ne serait-ce que par ses prestigieuses idoles et la dévotion qu'elles surent inspirer — elle ne dut pas être étrangère. Elle aussi nous est apparue en pleine évolution et en train de passer du simple Buddha humain, de la taille des autres personnages, au gigantesque et surnaturel Bienheureux des dernières apothéoses; du Bodhisattva-prince que cette terre a vu dans le passé et du Bodhisattva-brahmane qu'elle verra dans l'avenir, à ceux de leurs congénères dont, présentement, fourmillent par myriades les autres univers.
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Mais bien imprudent qui entreprendrait, dans l'état actuel de nos connaissances, de délimiter de façon précise les frontières iconographiques du Mahâyâna et du Hînayâna — ou qui négligerait de tenir compte du sensible retard que, dans leur commune évolution, l'écriture a toujours sur la langue et l'iconographie sur la religion.