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# Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.11

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.11

- **Language:** French

### [v2.c6.11](https://indike.org/pramana/ins.general.levi-1905.v2.c6.11)

1. Les Tibétains, qui fréquentent particulièrement le čaitya de Budhnâth et qui le considèrent comme leur temple national au Népal, rapportent d'une autre manière l'origine du monument. Une larme de pitié, jaillie des yeux d'Avalokiteçvara, donna naissance dans le ciel à une vierge divine. Mais la jeune fille se laissa entraîner à voler des fleurs au paradis ; frappée de déchéance, elle alla naître sur terre, au Népal, dans une famille de porchers. Devenue grande, on la maria : elle se mit à élever des oies, s'enrichit à ce métier, et décida de consacrer sa fortune à bâtir un čaitya. Elle vint trouver le roi et lui demanda autant de terrain qu'une peau en couvrirait (Taurino quantum posset circumdare tergo, \*Énéide\*, I, 368). Le roi consentit. Elle prit alors une peau, la découpa en lanières minces, et s'en servit pour circonscrire une surface considérable. Les ministres inquiets pressèrent le roi d'intervenir ; mais, respectueux de la parole donnée, il laissa faire. La fondatrice mourut avant l'achèvement de son œuvre : mais ses fils purent terminer la construction ; ils déposèrent à l'intérieur du stûpa un boisseau de reliques Bhûpa-Kesari et Vikrama-Kesari sont des personnages de fantaisie ; mais Mâna deva est un nom historique. Le premier roi de ce nom ouvre la série des textes épigraphiques du Népal ; ses inscriptions espacées de 386 à 414 d'une ère incertaine se sont retrouvées à Katmandou et à Changu Narayan ; il est antérieur à Amçuvarman qui mentionne, dans une inscription de Harigaon, « le monastère de çrî-Mâna ». Le fondateur légendaire du čaitya de Budh-Nâth est étroitement associé au souvenir de sa mère, une Blanche de Castille népalaise, personne avisée et pieuse, aussi adroite à gouverner les hommes qu'à se concilier les dieux ; « elle bâtit nombre de monuments, et en dernier lieu consacra une image de Nava-Sàgarà-Bhagavatî, faite par le même artiste que la Bhagavatî de Palanchauk et la Çobhâ-Bhagavatî ». L'inscription de Changu-Narayan montre Mâna deva suppliant sa mère Râjyavatî de diriger les affaires après la mort du roi Dharma deva ; et l'inscription de Lajanpat accompagne une de ces pieuses images qu'avait multipliées, paraît-il, la piété de Râjyavatî, mère de Mâna deva. Si la tradition qui rattache à ce monument le nom de Mâna deva est exacte, le čaitya de Budh-Nâth date du VIe siècle de l'ère chrétienne.

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