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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.210

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.210

Language
French

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Les documents, en assez grand nombre, permettent d'analyser au moins en partie la légende. La mère de Mânadeva, qui s'est imposée au souvenir capricieux des annalistes, tranche, par sa personnalité vigoureuse, sur ce long défilé de personnages sans relief. L'inscription du pilier de Changu Narayan, gravée par ordre de Mânadeva, est presque tout entière consacrée à la gloire de la reine-mère : « Dharmadeva eut une épouse de race pure et de pure dignité, la très excellente Râjyavatî; on aurait dit la Lakṣmî (Fortune) de cet autre Hari (Viṣṇu). Quand il eut illuminé l'univers des rayons de sa gloire, ce souverain s'en alla au triple ciel, comme s'il fût allé dans un jardin de plaisance. Et elle resta alors abattue, consumée, agitée, ... languissante, elle qui se plaisait avant son veuvage à nourrir les dieux en des rites réguliers. Cette reine Râjyavatî, qu'on appelle la femme du monarque, ne sera en fait que Çrî, attachée à lui pour le suivre fidèlement sous cet autre aspect ¹, elle, en qui est né ici-bas le héros irréprochable, Mânadeva le roi, de qui le charme ne cesse point de rafraîchir le monde, pareil à la lune d'automne. S'en étant retournée, la voix entrecoupée de sanglots, soupirant longuement, le visage en larmes, elle dit tendrement à son fils : « Ton père est parti au Ciel. Ah! mon fils ! maintenant que ton père a disparu, qu'ai-je besoin de respirer ? Exerce la royauté, mon cher fils ! moi, je vais suivre la voie de mon époux !

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Qu'ai-je à faire des chaînes de l'espérance, qui sont faites des mille manières de goûter le plaisir, pour vivre sans mon époux, puisque le temps d'être ensemble passe comme un songe illusoire ! Je vais partir, dit-elle ». Alors, son fils, affligé de la voir ainsi, appuyant tendrement sa tête sur les pieds de sa mère, lui adressa cette prière : « Qu'ai-je à faire des plaisirs; qu'ai-je à faire des joies de la vie, si je suis séparé de toi? C'est moi qui mourrai le premier, et tu partiras ensuite au Ciel. » Posé dans le lotus de sa bouche, mêlé aux larmes de ses yeux; le lacs de ces paroles filiales la retint enchaînée comme une oiselle prise au filet. Et avec son fils vertueux elle s'occupa en personne des cérémonies des funérailles, l'esprit tout purifié par la vertu, l'aumône, la mortification, le jeûne, les pratiques volontaires, et distribuant toute sa fortune aux brahmanes pour augmenter les mérites de son époux, elle semblait au milieu des rites, — tant elle l'avait au cœur — être Arundhatî elle-même.

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Et son fils, vigoureux d'énergie, d'héroïsme, de constance, patient, affectueux pour ses sujets, qui agit et ne se vante pas, qui sourit en parlant, qui toujours le premier adresse la parole, valeureux sans orgueil, parvenu au comble de la connaissance du monde, ami des pauvres et des orphelins, accueillant aux hôtes, dissipant la retenue chez ceux qui le sollicitent, manifestant sa réelle virilité par son adresse méritoire à se servir des armes d'attaque et de défense, aux bras puissants et gracieux, la peau tendre et lisse comme de l'or travaillé, les épaules charnues, rivalisant par ses yeux, avec l'épanouissement des lotus en fleur, est comme l'Amour incarné ; il est une fête pour les coquetteries des aimées. « Mon père, se dit-il, a paré la terre opulente de beaux piliers dressés ; j'ai reçu l'initiation à la mode des kṣatriyas, par les combats et les batailles ; je vais partir bien vite en campagne vers la région orientale pour détruire mes ennemis, et j'installerai des rois qui soient dociles à mes ordres ». Et s'inclinant devant sa mère dont la tristesse se dissipait, il lui parla ainsi : « O ma mère, je ne puis pas m'acquitter envers mon père par des austérités sans tache ; je ne puis que servir humblement ses pieds par les rites des armes où je suis compétent. Je vais partir ! » Et la mère du roi, toute joyeuse, lui donna congé. Il s'en alla par la route de l'Est ;

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les vassaux félons qui commandaient à l'Est se prosternè- rent, courbèrent la tête et laissèrent glisser les guirlandes de leur front ; il les réduisit au respect de son autorité sou-