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# Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c8.55

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c8.55

- **Language:** French

### [v2.c8.55](https://indike.org/pramana/ins.general.levi-1905.v2.c8.55)

Hier, nouvelle course à travers Patan ; je n'en avais vu que les splendeurs ou tout au moins les charmes pittoresques. Quel revers à la médaille ! Le sac de la ville par les Gourkhas, qui date d'un siècle, semble être d'hier : masures délabrées, temples en ruines, rues où la chaussée disparaît sous l'amoncellement des ordures, physionomies inquiètes ou hébétées, et la puanteur de la pourriture dans l'air. Ma première visite va au Zimpi Taudu, un des quatre grands stûpas élevés aux angles de la ville et attribués à Açoka. La tradition ne doit pas se tromper de beaucoup. Sur un soubassement de briques circulaire haut d'environ un mètre s'élève une coupole de briques recouverte de terre et de gazon, sans aucun ornement. Au sommet une sorte d'échafaud de bois qui supporte aux jours de fête le parasol symbolique. Rien de plus. Le diamètre est d'environ 12 mètres. Tout alentour, là comme partout, de petits čaityas en pierre ou en stuc surmontés comme toujours du clocheton au toit pointu et décorés des quatre Bodhisattvas. Il n'y a pas de vihâra élevé autour de ce stûpa : le vihâra du Zimpi Taudu est bâti de l'autre côté de la rue; le stûpa commande ainsi une vue admirable sur les bords de la Bagmati et sur les montagnes. Patan la pittoresque est adossée à la bordure S. de la vallée et la longue masse blanche de l'Himalaya ferme au N. l'horizon, tandis que Katmandou, au milieu de la vallée, n'entrevoit les glaciers que par les passes des premières montagnes. Malgré le nom d'Açoka, malgré l'évidence de sa construction antique, le stûpa n'a pas de vieille inscription. La pierre la plus ancienne date du règne de Çiva Simha 734 (1614) et rien à tirer de ces lamentables ignorants, tristes dégénérés d'une religion mourante. On m'amène le pandit du lieu. Il ne sait littéralement rien, n'a rien lu et je lui prédis — c'est son vyâkaraṇa — qu'il tombera en enfer. Ont-ils en leur sottise laissé se perdre leurs antiquités? Les cachent-ils par un sentiment de jalousie aveugle? Le problème est à résoudre. L'inscription de Çiva simha, en névar, donne au čaitya le nom de Sthûla-Caitya, et le pandit me déclare que c'est le nom sanscrit du Zimpi-Taudu. Et dans cette cour où le sol couvre et dissimule sans doute des trésors épigraphiques, des habitants du vihâra voisin, en guenilles, étalent au soleil et font sécher une herbe fétide à défaillir et qui sert à leur nourriture. Qui donc a dit : Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es.

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