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# Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c8.77

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c8.77

- **Language:** French

### [v2.c8.77](https://indike.org/pramana/ins.general.levi-1905.v2.c8.77)

Voilà encore une promesse de collaboration utile. J'irai demain à Patan échauffer ce zèle qui s'éveille. Il faut si longtemps en ce pays de l'Inde pour aboutir à un résultat. Mais je ne voudrais pas quitter le Népal sans y avoir épuisé toutes les chances possibles : je connais les hommes maintenant, ma veine de çlokas n'est pas encore tarie. Ce matin, déjà sous un soleil brûlant (brusquement, comme c'est son habitude ici, paraît-il, la chaleur est survenue, une chaleur d'été parisien), le cortège se met en route pour le mont Nagarjun qui domine Katmandou vers le Nord et dresse à plus de 1000 mètres au-dessus de la vallée ses flancs abrupts et richement boisés, rebondissant vers le S.-S.-E. en deux vagues (la dernière porte Svayambhû Nâtha) et vers le S.-E. en un mamelon qui surplombe Bâlajî. Je tenais à visiter la cave associée par la tradition au souvenir de Nâgârjuna qui y aurait demeuré et composé les tantras (n'est-ce pas ici le domaine par excellence du Tantra ?). Resterait-il là quelque vieille inscription comme en ont rendu par exemple les caves de Barabar ? Le Captain Sahib et le Commandant en chef m'avaient mis sur mes gardes ; le flanc du Nagarjun est la réserve de fauves pour les chasses du Mahârâja. Ils n'avaient pas menti. J'ai eu le plaisir de rencontrer un tigre qui venait justement d'être tiré et qui saignait encore sur le sol. Mais c'est tout ce que j'ai rencontré. La grotte largement ouverte et peu profonde regarde le plein Midi; elle abrite une statue plus grande que nature et assez délabrée de Çâkyamuni; des \[illisible\] comme partout ici chez ce peuple passionné d'épigraphie (trop passionné, hélas ! car ceci tue cela et pour faire des stèles neuves on se contente de gratter et de polir les anciennes), mais rien d'ancien; la plus vieille date du commencement du XVIIIe siècle. Deux vieux čaityas brés se dressent à peu de distance, envahis par la végétation ; là encore des stèles de 100 à 150 ans, rien de plus. Plus bas, à l'entrée de la réserve, est un petit temple de Çiva desservi par un Sannyàsi classique tout barbouillé de cendres, le front décoré des marques sacramentelles, vêtu d'un collier de rudrâkşamâlâs, et qui vit là en compagnie des bêtes. J'ai rencontré en route un autre type de yogi : vêtu d'un manteau qu'il portait sous son bras, grimaçant, gambadant et sans cesse éclatant de rire. Je n'ai pas eu le temps de gravir la montagne jusqu'au sommet où les Bouddhistes brûlent leurs cadavres pour en disperser ensuite les cendres aux vents; j'ai dû redescendre assez péniblement au reste sur ces pentes raides d'herbes desséchées où les chaussures glissent désespérément. Le Commandant en chef m'avait donné rendez-vous. Je suis maintenant plus que \*persona grata\*. Une heure et demie d'entretien aujourd'hui, et sur quel ton ! Encore ai-je dû y mettre fin moi-même. Le Captain Sahib vient me prendre en voiture de cour et me remet au nom du Commandant en chef un superbe kukhri, le yatagan que tout Népalais porte à la ceinture, avec une gaine plaquée d'argent; deux petits couteaux courts y sont adjoints pour les besognes moindres et un étui pour la pierre à feu et l'amadou. Les allumettes ne sont pas encore ici un objet courant de consommation. Aussi une lettre en français venue de Paris et qu'on me prie de traduire. Un monsieur E. C. écrit à « Monsieur le Maharaj Dhiraj » pour lui demander la collection des timbres népalais. \*Sacra fames\* ! Je me suis offert à les lui faire parvenir, mais Deb Sham Sher, en veine de bienveillance, prétend les lui envoyer lui-même.

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