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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s2: II. — Inscription de Lajanpat

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s2

Language
French

II. — Inscription de Lajanpat

v3.c10.s2.1

Lajanpat est un hameau situé à l'Est de Katmandou. L'inscription est tracée au bas d'une sorte de tablette de pierre qui se dresse encore au milieu des champs. La table, qui mesure environ 0m,65 de large sur 0m,70 de haut, porte une composition en relief, où les gens du pays croient reconnaître et vénèrent une Yoginî. En fait l'image représente, comme en fait foi la dédicace, un « Viṣṇu Vikrāntamûrti, adoré par les dieux et les sages ». Le dieu, couronné d'une mitre (mukuṭa) possède, contre l'usage ordinaire, quatre paires de bras; un des bras de droite porte le disque, un autre la massue (gadâ); un autre vient s'appuyer sur la cuisse. Les jambes s'ouvrent à grand écart, comme il convient au dieu qui couvrit le monde en trois pas; un des pieds pose sur la base du tableau, l'autre s'élance vers le ciel (v. la photo. II, 101).

v3.c10.s2.2

Dans l'angle inférieur de droite se déroule le prologue du miracle. Le roi Bali verse l'eau qui consacre la donation sur les mains d'un nain (vâmana); derrière le roi, sa femme et deux serviteurs, dont l'un conduit un cheval, tandis que l'autre est accroupi. Au-dessus, un personnage qui se renverse dans une attitude expressive de chute est sans doute encore Bali, précipité du pouvoir. D'autre part, sous les bras droits du dieu, Lakṣmî, portée sur un lotus rond (padma), et tenant dans sa main un lotus en pinceau (utpala). Derrière elle, Garuda, les ailes éployées, agenouillé, les mains jointes en adoration sur la poitrine. Un Nâga, dont la longue aigrette se reploie, soutient sur son bras les doigts de pied du dieu¹.

v3.c10.s2.3

¹ La légende de Bali et du Nain est incontestablement vichnouïte ; mais elle n'est pas étrangère au bouddhisme, tout au moins au bouddhisme népalais, si largement syncrétique. Elle est contée tout au long dans le Kâraṇḍa vyûha (manuscrit de la Bib. Nat., Burnouf 92, p. 23a sqq.)

v3.c10.s2.4

Tout le morceau, enlevé avec une véritable bravoure, montre l'habileté des sculpteurs népalais vers l'an 500 de l'ère chrétienne. Dans la pénurie générale des données chronologiques relatives à l'Inde, cette pierre datée fournit un utile repère à l'histoire de la sculpture indienne et de ses écoles.

v3.c10.s2.5

L'inscription de la dédicace, en deux lignes, occupe toute la largeur de la base ; les caractères ont une hauteur moyenne de 0m,007. L'écriture est identique à celle des autres inscriptions de Mânadeva. L'inscription est rédigée en sanscrit correct. Elle est disposée sur le type des autres dédicaces du règne : en tête la date ; puis une stance, ici dans le mètre compliqué de la sragdharâ. L'indication du mois et du quantième est rejetée en dehors du vers, à la fin. Le nom du roi Mânadeva est associé à celui de sa mère, Râjyavatî, comme sur le pilier de Changu-Narayan, qui est daté de l'année précédente (ou de trois ans plus tôt) ; c'est au profit de la reine-mère que la sculpture est établie.

v3.c10.s2.6

L'image est sans doute une de celles que la tradition, consignée dans la Vamçavalî, assigne à la piété de Râjyavatî (II, 98).

v3.c10.s2.7

La date est figurée en lettres numérales, très nettes sur la pierre, sauf le chiffre des unités, qui peut être lu : 9.

v3.c10.s2.8

1. Saṃvat 300 80 7 mātuḥ çrī Rājyavatyā ◡◡◡◡◡ nadeḥ sarvvadā puṇyavṛddhyai rājā çrī Mānadevaç çubha vimalamatiḥ (◡mbhā) ◡◡ (|) pātadi . tāmbhavābhuḥ
2. ◡◡dā ◡yitvā nuṭrham iha gha◡sthā◡yām āsa samyak viṣṇum vikrāntamūrttim suramunimahitam satvalokai-kanātham (||) vaiçākha çukla ◡◡◡

v3.c10.s2.9

1. Saṃvat 387. Pour l'accroissement des mérites de Râjyavatî, sa mère....,... le roi Mânadeva à la pensée bonne et pure . . . . .
2. ..... (a élevé) un Viṣṇu dans l'attitude des (trois) pas, exalté par les dieux et les sages, l'unique protecteur du monde des créatures. Quinzaine claire de vaiçâkha, le......

v3.c10.s2.10

L. 2. C'est à M. Thomas que je dois la lecture, presque certaine, sthā[pa]yām āsa au lieu de sthā ◡ nam āpa que j'avais donné dans le Journ. As.