Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s3: III. — Inscription du To-bahal à Katmandou
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s3
- Language
- French
III. — Inscription du To-bahal à Katmandou
v3.c10.s3.1
L'inscription du To-bahal est gravée sur un socle à demi enfoui dans le sol, à l'intérieur de Katmandou, tout près de la porte orientale. Le socle porte aujourd'hui une statue de Mahâkâla (vulg. Mahenkal) reconnaissable à sa couronne de têtes de mort, à son sceptre que surmonte le vajra, surtout à la pochette (bourse ou demi-citron) qu'il tient à la main, et au serpent qui lui entoure le cou et lui cercle les reins. On ne peut admettre que ce soit là la statue originale, puisque la dédicace mentionne l'image d'un Indra Divâkara. Au reste j'ignore quelle divinité a pu être désignée sous ce nom, et s'il s'agit d'un dieu hybride, à caractère double, tel que le Sûrya-Vinâyaka du Népal moderne.
v3.c10.s3.2
L'inscription est tracée sur trois lignes, la dernière incomplète ; les deux premières ont une longueur de 0m,60 ; les lettres ont une hauteur moyenne de 0m,01. Dans son ensemble, elle rappelle étroitement l'inscription n° 2 de Bhagvanlal, qui date de onze ans plus tard. Le caractère paléographique est exactement le même et ne provoque pas de remarque. Elle est également en sanscrit, et aussi disposée de la même manière : En tête la date « samvat 402 » ; puis la dédicace en deux çlokas; enfin, en prose, l'indication du bien-fonds attribué à la donation. La date est exprimée en lettres-numérales. La mention complé- mentaire du mois et du jour, contenue dans le premier vers, ne fournit pas de données qui permettent la vérification.
v3.c10.s3.3
Le fondateur de la statue est un marchand, chef de corporation, Guhamitra. Le terrain cédé se trouve dans une localité (pradeça) qui porte un nom purement névar, d’une lecture assez incertaine. Les indications relatives au terrain, énoncées en prose, contrastent par leur gaucherie et leur incorrection avec le style aisé et pur des vers de la dédicace.
v3.c10.s3.4
1. [saṃva]t 400 2 (||) rājñaḥ çrī Mānadevasya samyak pālayato mahīm (|) āṣāḍhaçuklasya tithau pañcadaçyāṃ çubhārtthinā (1)
v3.c10.s3.5
2. vaṇijāṃ sārtthavāheṇa Guhamitreṇa bhaktitaḥ (|) saṃsthāpito tra bhagavān Indro nāma divākaraḥ (2) kṣetraṃ yathāgūmpadçuṃ-pradeçe
v3.c10.s3.6
3. çatasya bhūmiḥ piṇḍakamāni ca
v3.c10.s3.7
L. 2. Le nom de la localité est douteux. Le second caractère du nom peut être thu, ou même khā ou khu. Le troisième est certainement un g; mais du pied de la hampe se détache un trait oblique, à angle aigu, trop net pour être considéré comme une cassure, et qui donne au g la valeur gū dans l’inscription de Bilsad (Cf. BÜHLER, Paléogr., table IV; l. 9, col. IV). Mais, à la ligne 3 de notre inscription, le même trait est combiné avec l’u de bh pour marquer l’allongement dans bhūmiḥ.
v3.c10.s3.8
L. 3. Le groupe sya, dans çatasya est douteux. — L’i bref final de omani est probablement à corriger en ī. — Le mot ca est tracé à un intervalle de 0m,02 de la lettre précédente.
v3.c10.s3.9
Pour l’expression pindakamāni, cf. inscription Bhagv. n° 11, de Jiṣṇugupta, l. 18: aṭiṭipiṇḍamānikānāṃ bhūḥ; et aussi Bhagv. n° 9, aussi de Jiṣṇugupta, l. 11-12 piṇḍakam upasaṃhṛtya où Bhagvanlal met en note: « piṇḍaka, which is a synonym of the more common grās semes to denote a share of the produce of the field ».
v3.c10.s3.10
L’an 402. (Au temps) où le roi Mânadeva gouverne justement la terre, le quinzième jour du mois âṣâḍha, quinzaine claire, par désir du bien, Guhamitra, chef d’une corporation marchande, a dévotement élevé ici sous le nom d’Indra un saint Divâkara.
v3.c10.s3.11
(Il lui a assigné comme revenu) un champ dans la localité de Yathâgûmpadçum (?), de (la valeur de) cent (paṇas ?) et une terre d’une mesure de piṇḍaka.