Pramāṇa · Search · About · API

L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t1.8

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t1.8

Language
French

v1.c7.s2.t1.8

DÎPAṄKARA-JÂTAKA. — Tandis que les jâtaka d’animaux semblent ainsi proportionnellement plus rares au Gandhâra que dans l’Inde centrale, il en est un en revanche dont on trouve nombre d’exemples dans le Nord-Ouest et qui est resté inconnu à la vieille école. Nous n’avons pas à en chercher bien loin la raison. Elle est tout entière dans un fait constaté à satiété par les indianistes, mais qu’il nous faut absolument rappeler au début de cette étude : c’est à savoir que sur les plus anciens monuments de la péninsule, jamais, ni à Mahâbodhi, ni à Barhut, ni à Sânchi, la figure du Buddha ne se montre. Dans les tableaux de ses plus notoires miracles, là même où une inscription nous avertit explicitement de sa présence, c’est en vain que nous le cherchons : un trône vide, un parasol, une empreinte de pieds, un symbole mystique, c’est tout ce qu’il nous est possible et peut-être permis d’apercevoir. Or la « naissance » en question est celle où le Buddha de notre âge, alors simple étudiant brahmanique, reçut d’un de ses prédécesseurs, Dîpaṅkara, en échange des témoignages de sa dévotion empressée, la prophétie de sa dignité à venir. Cet important épisode, bien connu de toutes les rédactions indiennes — pâlies, prâkrites ou sanskrites — marque dans l’évolution du Bodhisattva une date si décisive que Buddhaghoṣa le donne comme le véritable point de départ de sa carrière. Mais son seul énoncé prouve qu’il implique la représentation d’un Buddha. Il n’en a pas fallu davantage pour l’interdire à la vieille école indigène. L’usage familier que les artistes du Gandhâra faisaient de cette figure encourageait au contraire la répétition de cette scène aux dépens de celles, moins édifiantes, où la sainte image ne paraissait pas. Les pèlerins chinois l’ont d’ailleurs trouvée localisée près de Nagarahâra, dans la vallée de Kâboul. C’est ainsi que nous en connaissons au moins une quinzaine de répliques dont cinq ont déjà été publiées¹ :

Cites (2)