L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t1.1
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t1.1
- Language
- French
v1.c7.s3.t1.1
A deux reprises, d'après la légende, la vocation du Bodhisattva a été stimulée par des incidents extérieurs et, tant bien que mal, susceptibles — à la différence des « voix » que lui font encore entendre les divinités — d'être représentés sur la pierre. La première fois, c'était à l'occasion d'une partie de campagne dans les propriétés de son père : un trouble inconnu s'élève dans l'esprit du jeune prince et il tombe en extase, tandis que l'ombre du pommier-rose (jambu) sous lequel il s'est assis cesse de tourner au soleil pour continuer à l'abriter. D'autres fois, au cours de ses promenades en voiture, il rencontre successivement un vieillard, un malade et un cadavre : et lui, que l'inutile précaution de son père avait toujours fait vivre jusque-là dans un monde factice, il a ainsi la soudaine révélation des trois maux sans lesquels il est écrit que les Buddhas n'apparaîtraient pas en ce monde : la vieillesse, la maladie et la mort. Désormais les plaisirs de la vie perdent pour lui toute saveur; une quatrième rencontre, celle d'un moine, lui révèle enfin la voie à suivre pour échapper aux misères de l'existence. La vocation de Siddhârtha se trouve ainsi non seulement expliquée, mais encore fort adroitement mise en scène. Les deux premières constatations que nous devons faire n'en sont que plus surprenantes : nous n'avons pas rencontré jusqu'ici, dans l'art du Gandhâra, de représentation des « quatre sorties »; et quant à la « première méditation du Bodhisattva », les trois répliques que nous en connaissons s'accordent à nous le montrer déjà parvenu à l'âge adulte.