L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s5.t3.1
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s5.t3.1
- Language
- French
v1.c7.s5.t3.1
Le bûcher à peine éteint, se pose la question des reliques : fertile en incidents, elle ne le sera pas moins en bas-reliefs. Tout d'abord, nous dit-on, les Mallas voudraient bien garder tout entier pour eux seuls ce précieux salaire de leurs peines; mais, outre le roi de Magadha, Ajâtaçatru, un potentat de caste brahmanique et cinq clans seigneuriaux du voisinage — nous en avons déjà vu deux, les Licchavis de Vaiçâlî (fig. 244) et les Çâkyas de Kapilavastu (fig. 150, etc., et 231-233), — au total, sept autres rivaux réclament leur part des bienheureuses cendres. Après avoir un instant songé à résister à ces prétentions par la force, les détenteurs de ce trésor tant convoité se rendent aux pacifiques conseils du brahmane Droṇa et s'en remettent à lui du soin de les partager en huit portions égales. Puis chacun des copartageants bâtit en grande pompe un stûpa sur la mesure des reliques qu'il a reçues. Ce sont ces huit édifices, ou du moins sept d'entre eux, dont la main d'Açoka, pieusement sacrilège, aurait plus tard distribué le contenu aux quatre coins du Jambudvîpa. Que l'on ait retrouvé, en 1898, dans le tumulus de Piprahwâ la part (ou le résidu de la part) attribuée aux Çâkyas, les cousins du glorieux défunt, cette interprétation de l'inscription que portait l'urne funéraire exhumée n'a contre elle que l'excès même de sa vraisemblance(1). Déjà à Sânchi, et plus tard à Amarâvatî, toute l'histoire est mise en tableaux dans le style de la vieille école. Les sculpteurs du Gandhâra ne sont pas demeurés en reste : si chacun des « moments » qu'ils ont détachés est traité par eux avec leur sobriété ordinaire, du moins ils n'en ont pas distingué moins de cinq.