L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s5.t3.4
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s5.t3.4
- Language
- French
v1.c7.s5.t3.4
panneau emprunté à une série dont font encore partie, à en juger par l'identité des dimensions et des colonnettes de l'encadrement, les originaux des figures 289 et 292. Au milieu s'ouvre, dans les murailles d'une ville, une porte gardée par deux jeunes gens armés de lances. De ce tableau il faut sûrement rapprocher celui de la figure 31 : mais ici la porte est ouverte, et un homme, vu de dos, rentre dans la cité en retenant sur son épaule, par un geste gauchement rendu, une urne d'un modèle analogue à celles que nous retrouvons dans les stūpa (cf. fig. 6 a). Le rapprochement avec les autres bas-reliefs de la même frise nous invite aussitôt à reconnaître Kuçinagara et les Mallas montant la garde autour de leur ville au moment où ils y introduisent les cendres du Bienheureux. Le type du porteur de l'urne funéraire pourrait seul nous arrêter un instant: musculature énorme et vêtement sommaire, son signalement répond exactement à celui des athlètes ou encore des sicaires à gages (cf. fig. 171 b, 172 a et 266). Que viendrait faire ici un lutteur de profession? Si l'on veut bien se rappeler que « Malla » n'a justement pas d'autre sens en sanskrit, on s'aperçoit que l'identification proposée, loin d'être tenue en suspens par l'apparence extérieure de ce personnage, en est au contraire confirmée. Ne voulant pas mettre un écriteau : « C'est ici Kuçinagara », le sculpteur n'a trouvé rien de mieux, pour nous éclairer sur le nom de la ville, que d'y faire entrer un vrai Malla, qui le fût non seulement de nom, mais encore par le muscle et par le costume. L'identité de ce personnage une fois caractérisée, le sens du tableau s'ensuit de soi.