L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s6.t5: § V. L'intérêt historique des bas-reliefs
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s6.t5
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- French
§ V. L'intérêt historique des bas-reliefs
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UNE FORME FIGURÉE ET DATÉE DE LA TRADITION. — Nous devons ainsi reconnaître à nos bas-reliefs une valeur documentaire plus grande qu'on n'aurait pu croire et les considérer à leur tour comme une source d'informations. Leur ensemble, une fois classé, constitue, en effet, une forme particulière et indépendante de la tradition, sorte de version figurée qui vient prendre place à côté de la version écrite et ne lui cède aucunement en authenticité ni en intérêt. Le plus souvent, d'ailleurs, ces deux fixations de la légende sont parallèles. Nous avons pu notamment vérifier à quel point la connexion est étroite entre les sculptures et les textes bouddhiques qui passent pour être également originaires de l'Inde du Nord.
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A la vérité, l'exacte nature de leurs rapports historiques n'est pas toujours facile à débrouiller et à définir; et, d'ailleurs, la question ne se pose pas à chaque fois de la même manière. En ce qui concerne une épopée savante, comme le *Buddha-carita*, nous n'éprouvons aucun embarras à la résoudre : du moins, nous avons gardé l'impression très nette que l'œuvre d'Açvaghoṣa était directement inspirée des bas-reliefs, et, par suite, nous n'avons aucune hésitation à la déclarer postérieure, mais de très peu, à la création du répertoire gréco-bouddhique. Quand on a affaire à une compilation comme le *Divyāvadāna*, le problème n'est plus susceptible d'une solution aussi simple, ni même d'une solution unique : c'est ainsi qu'à côté du catalogue archéologique qui nous a été si précieux (cf. p. 290), ce livre contient d'autres passages qui ignorent jusqu'à la possibilité de représenter la personne du Buddha. Le cas du *Lalita-vistara* et du *Mahāvastu* est à peine moins complexe et moins délicat, en raison des versions discordantes que parfois ils entassent, sans souci des contradictions. On ne peut croire, en effet, qu'ils soient postérieurs dans l'ensemble aux sculptures, alors que celles-ci ne font le plus souvent que nous en fournir une illustration partielle, mais conforme; il n'est pas moins inadmissible qu'ils leur soient tout entiers antérieurs, en raison des traces caractéristiques que nous y avons relevées de l'influence des monuments figurés. Il reste donc que la rédaction de ces textes soit à peu près contemporaine de l'exécution des premiers bas-reliefs. C'est presque de compagnie que sculpteurs et écrivains auraient travaillé, chacun à leur mode et dans des directions divergentes, mais non sans s'inspirer à l'occasion les uns des autres, à fixer, d'après les mêmes sources orales, la même tradition. Du moins, nous n'imaginons pas d'autre explication satisfaisante au tissu d'actions et de réactions réciproques dont est faite, tout au long de la biographie illustrée de leur Maître, l'histoire de leurs perpétuels rapports. Après tout ce que nous en avons vu au cours des quatre chapitres précédents, il nous apparaît que les fortunes de cette école et de cette littérature, également anonymes, sont indissolublement liées et que la date de l'une ne peut qu'être valable pour l'autre. Or, on se souvient que la version figurée est déjà datée avec une suffisante approximation. Pour des raisons péremptoires et que nous avons dites (cf. p. 42), on peut considérer comme certain, non pas que toutes les sculptures gréco-bouddhiques sont antérieures au IIe siècle de notre ère, — il ne faudrait pas qu'il y eût de malentendu sur ce point, — mais que la centaine de motifs dont se composait le répertoire étaient déjà créés et arrêtés dans leurs grandes lignes dès la fin du Ier siècle, au plus tard. Les conséquences ne laissent pas que d'être appréciables pour des ouvrages comme le *Lalita-vistara* et le *Mahâvastu*, auxquels on peut joindre de confiance les versions sanskrites encore à découvrir du *Mahâbhiniṣkramaṇa-sûtra* et du *Mahâparinirvāṇa-sûtra* : il n'y a pas encore si longtemps qu'on prétendait en rabaisser la date presque à celle des manuscrits népalais qui nous les ont conservés. Il est également digne de remarque que le témoignage des bas-reliefs rapporte le *Buddha-carita* au IIe siècle de notre ère, c'est-à-dire justement à l'époque où celui des inscriptions sanskrites place de son côté les débuts de la poésie savante et la composition des premiers *mahâkâvya*.
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LA FORME EXTÉRIEURE DES CROYANCES. — On conçoit dès lors pourquoi et comment les écritures et les sculptures, tout en gardant leur individualité et leur indépendance, s'éclairent et se complètent réciproquement. Si les premières nous ont donné la clef des scènes figurées, celles-ci illustrent à leur tour de façon singulièrement précise, et jusque dans le menu détail, la terne et monotone teneur des *sûtra*. Bien entendu, il ne s'agit pas de demander aux unes ni aux autres des informations sur le « Bouddhisme primitif » et sur la façon dont se passaient les choses au temps et dans le cercle du Çâkya-muni. Nous ne songeons pas à contester que nos sculpteurs aient l'avantage d'être encore relativement près des origines et de vivre au sein de ce milieu indien où les détails matériels de la vie semblent si peu changer à travers les siècles : mais chercher dans leurs œuvres la moindre donnée historique sur la biographie réelle du Buddha, ce serait commettre la même méprise que si l'on attendait des artistes byzantins des renseignements exacts sur l'œuvre, l'entourage et la personne du Christ. La chance est déjà assez belle pour l'historien que la façon dont les gens du Gandhâra en étaient venus, vers le premier siècle de notre ère, à se représenter la légende de leur Maître se soit ainsi cristallisée à son usage dans ces bas-reliefs. Il y aurait mauvaise grâce autant que mauvaise méthode à négliger ce qu'ils nous donnent pour réclamer d'eux ce qu'ils ne peuvent nous donner. Les images que les récits traditionnels évoquaient alors à l'esprit des fidèles, telles qu'elles nous sont rendues, dans les limites de leurs moyens, par les sculptures, ne sont assurément pas un guide à dédaigner pour la lecture des textes bouddhiques. De la collaboration des artistes se conformant de leur mieux aux suggestions des donateurs, et des donateurs subissant le charme des créations des artistes, il n'est pas seulement sorti toute une conception nouvelle de la légende du Buddha : nous apprenons encore comment il sied d'imaginer les dieux et leurs séjours paradisiaques. Il n'est pas jusqu'aux fantômes imprécis, figures de rêve ou de cauchemar, dont était hantée l'imagination populaire, qui ne revêtent une forme concrète : démons de l'armée diabolique et célestes ménestrels, génies qui sont des ogres ou qui sont des anges gardiens, déités qui végètent dans les arbres ou qui serpentent dans les eaux vives, tous se révèlent à notre vue, au moins « à mi-corps ». En même temps que la tradition du Bouddhisme, sa mythologie dépouille son mystère et prend figure sous nos yeux; dès lors rien ne s'oppose à ce que nous puissions définir des croyances ainsi matérialisées.
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L'ASPECT DE LA VIE. — Si les artistes du Gandhâra nous renseignent jusque sur les formes de la conscience religieuse de leur temps, on devine qu'ils nous fournissent des informations encore plus directes et d'un maniement moins délicat sur l'aspect extérieur des choses de la terre. Pour ces familiers des dieux, ce n'a été qu'un jeu de reproduire, d'après nature et dans son cadre, la vie des hommes, leurs contemporains. Scènes puériles ou miraculeuses, religieuses ou profanes, plaisantes ou funèbres, ils en ont fait défiler devant nous les faces les plus diverses dans les décors les plus variés, paysages ou intérieurs, palais ou ermitages, rues des villes ou arbres des champs : et l'on n'a pu s'empêcher d'être frappé, en parcourant des yeux ces bas-reliefs, du grand nombre de détails réalistes qu'ils contiennent. Nous avons déjà signalé l'intérêt que présenterait une étude détaillée des accessoires, mobilier, véhicules, armes, ustensiles, outils, etc. : il ne sera pas moins curieux de recueillir, quand le temps sera venu de s'y attarder, les nombreux traits par lesquels ces tableaux de pierre illustrent et soulignent les us et coutumes du pays. Rites des mariages et des funérailles, éducation et jeux des enfants, toilette des femmes et ordination des moines, concerts dans le harem et méditation dans la solitude, sports et austérités, donations et guet-apens, etc., aucun des multiples motifs qu'offrait tour à tour la légende, pourvu qu'il fût tant soit peu pittoresque, n'a été rejeté et exclu du panorama. Dans ces milieux et au cours de ces épisodes différents, nous voyons se mouvoir des laïques de toute condition sociale depuis les rois jusqu'au dernier des parias, en passant par les paysans, et des religieux de toute secte, depuis le Buddha jusqu'aux hérétiques nus, sans oublier les anachorètes brahmaniques. Encore tous les princes, par exemple, ne se ressemblent-ils pas; et les variantes de physionomie et de costume qui percent çà et là donnent à penser que les donateurs et les figurants de l'école n'étaient pas d'un type moins mêlé que le style du mobilier et du décor ne nous a paru composite. Sur tous ces points, les bas-reliefs gréco-bouddhiques mettent à notre disposition des documents de première main et de premier ordre. On pourra discuter leur valeur esthétique, laquelle, il faut l'avouer, est au moins fort inégale : on ne leur ôtera jamais ce mérite de nous ouvrir comme une fenêtre sur la civilisation disparate, mais raffinée, qui florissait vers le premier siècle de notre ère dans ce carrefour des nations qu'a toujours été le Gandhâra.
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DISTRICT DE PESHAWAR, SWAT, BOUNER, GANDHARA, UDYANA MERIDIONAL
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Carton d'ensemble EXTRÊME-ORIENT
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Kilomètres 0 10 20 30
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The *fraternities* of the Middle Ages, which were so numerous and so varied in their objects, were not all of the same origin. Some were religious, some social, some charitable, and some industrial. The religious guilds, or *gilds*, as they were often called, were associations of laymen for the purpose of performing religious duties, such as the maintenance of a chaplain, the celebration of masses, or the support of a hospital. The social guilds were formed for the purpose of mutual aid and good fellowship, and often included in their objects the relief of the poor, the sick, and the aged. The charitable guilds were established for the purpose of supporting hospitals, almshouses, and other institutions of mercy. The industrial guilds, or *craft guilds*, were associations of men engaged in the same trade or industry, and were formed for the purpose of regulating the trade, protecting the interests of the members, and maintaining the quality of their work.
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The craft guilds, which became so powerful in the later Middle Ages, were the successors of the earlier *collegia* of the Roman Empire. The *collegia* were associations of artisans and tradesmen, which were recognized by the state and had a legal existence. When the Roman Empire fell, these associations were largely destroyed, but the idea of association for mutual protection and the regulation of trade survived. In the early Middle Ages, the *gilds* began to reappear, and by the twelfth century they were firmly established in many of the cities of Europe.
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The craft guilds were organized on a democratic basis, and every member had a voice in the management of the guild's affairs. The officers were elected by the members, and the rules and regulations were made by the guild as a whole. The guilds had the power to fix prices, to regulate the hours of labor, and to determine the conditions of apprenticeship. They also had the power to punish members who violated the rules, and to expel those who were guilty of serious offenses. The guilds were thus a powerful force in the economic life of the Middle Ages, and they played an important part in the development of the modern industrial system.
v1.c7.s6.t5.11
The decline of the craft guilds began in the sixteenth century, when the rise of the factory system and the growth of international trade made it difficult for the small, local guilds to compete with the larger and more efficient industrial organizations. The guilds were also weakened by the growth of the power of the state, which began to regulate trade and industry directly, and by the rise of the capitalist class, which sought to break the power of the guilds and to establish a system of free competition. By the end of the eighteenth century, the craft guilds had largely disappeared, but their influence lived on in the trade unions and other labor organizations of the modern world.
Cites (5)
- Mahāvastu — Sanskrit
- Divyāvadāna — Sanskrit
- Mahāparinirvāṇasūtra — Sanskrit
- *Buddhacarita — Sanskrit
- Lalitavistarā — Haribhadra Sūri, Sanskrit