L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s1.t1.2
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s1.t1.2
- Language
- French
v2.c14.s1.t1.2
LES PARIAS — Nos idées occidentales pourraient nous induire à assigner la condition la plus basse et la plus méprisée aux esclaves ; les monuments figurés ne viennent pas corroborer cette opinion. Ils nous montrent en effet dans Chandaka le type de l'« esclave né dans la maison » (cf I, p 318) sous un aspect qui rendrait impossible de le distinguer d'un homme de bonne famille (fig 178-187, 301, 447) ; seul son rôle dans l'abhinishramana (I, p 352) le désigne sans conteste à notre identification. Évidemment, en dépit de ses humbles fonctions, la familiarité du maître faisait déjà un personnage de ce palefrenier royal. Du moins son aspect n'avait rien de repoussant et sa seule approche n'était pas une souillure comme celle du mâtanga ou cândâla que nous avons cru reconnaître sur la figure 250, couvert, tel que les textes nous le décrivent, « d'un pagne et d'un manteau crasseux ». Nous avons déjà noté que le bas-relief le localisait bien aux portes de la ville, là où est obligatoirement le séjour de ces sortes de gens, mais nous ne voyons dans sa main ni le vase de terre ébréché qui lui servait normalement d'ustensile, ni la cliquette par laquelle il devait mettre en garde ses contemporains contre son impureté morale comme le lépreux de notre moyen âge contre sa contagion physique (2).