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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t3.14

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t3.14

Language
French

v2.c14.s2.t3.14

SES IMAGES — Dès lors nous nous expliquons aussi bien la bénignité que l'abondance de ses images gandhâriennes, soit isolées (fig. 374-378), soit en groupes (fig. 379-385). Toutes répondent plus ou moins à la description de Yi-tsing, d'après laquelle elle a un enfant dans les bras et trois à cinq autres autour de ses genoux. Qu'on ne s'étonne pas de les voir à peu près tous de même taille : les textes insinuent que leur mère, vraie Gigogne, a fort bien pu les mettre au monde la même année¹. Ces *putti*, qui le plus souvent jouent ou se houspillent, représentent sans doute ses « cinq cents fils » : elle en a de reste pour garnir également le socle de son époux, qu'il soit placé vis-à-vis d'elle ou à ses côtés (cf. fig. 364-370 et 379-386). Tantôt elle est assise : son « Benjamin » repose dans son giron et joue puérilement avec son collier (fig. 374 et 382) ou, parfois, tette en même temps sa mamelle (fig. 383-385). Tantôt elle est debout mais son favori reste toujours suspendu à son sein. D'ordinaire il est placé à califourchon sur sa hanche², à la façon dont les femmes indiennes portent leurs enfants (fig. 375-376). Seule la figure 377, d'une facture si gauche, le rapetisse ridiculement au point de le faire tenir debout sur sa main. Presque toujours un ou deux de ses frères ont réussi à grimper jusqu'sur les épaules maternelles. Au milieu de cette marmaille qui monte à l'assaut de sa personne, on dirait qu'elle pose à l'aise, tantôt pour une madone, tantôt pour une allégorie italienne de la Charité.