Pramāṇa · Search · About · API

L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t3.5

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t3.5

Language
French

v2.c14.s2.t3.5

SA LÉGENDE. — Mais, encore une fois, sur cette dernière les renseignements que nous possédons sont des plus explicites, et les textes prennent la peine de justifier par une légende l'incohérence de ses avatars. Le Buddha en personne aurait jadis converti la terrible Yaksinî qui décimait ou (comme il est métaphoriquement écrit) « dévorait » sans pitié les enfants de Râjagriha. Pour la ramener à des sentiments plus humains, il se serait avisé de lui dérober pour un temps Pingala, le plus jeune et le plus aimé de ses « cinq cents fils ». Certains racontent même que le Maître cacha Pingala sous son vase à aumônes renversé : et nous voyons en effet, sur des peintures chinoises, des bandes de démons s'efforcer vainement de retourner, à grands renforts de chèvres et de leviers, le large bol qui recouvre le petit génie (1); mais cette scène nous est jusqu'ici inconnue au Gandhâra. Quoi qu'il en soit, le stratagème réussit. La douleur que cette séparation momentanée causa à Hâritî la fit rentrer en elle-même, ou, pour mieux dire, se mettre à la place des simples mortelles à qui elle ravissait parfois leur unique progéniture : elle jura de ne plus recommencer. Cependant il faut bien que tout le monde vive, même les méchants qui se repentent (2). Sitôt convertie, la Yaksinî fait respectueusement observer au Maître