L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s1.16
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s1.16
- Language
- French
v3.c16.s1.16
S'il est une conclusion qui soit revenue comme un refrain à la fin des trois premières parties de cet ouvrage, ç'a été la constatation du caractère composite, mi-grec et mi-indien, de l'école du Gandhâra : ce sont aussi les raisons historiques de ce double aspect qu'il nous faudra d'abord rechercher ou, plus simplement, coordonner. Qu'on ne se méprenne pas en effet sur les intentions du présent chapitre. Il ne s'agit nullement pour nous de découvrir s'il s'est produit en un temps et en un lieu, entre l'hellénisme et l'indianisme, un contact suffisamment intime et prolongé pour être fécond. Nous considérons que la preuve matérielle de ces relations vient d'être amplement fournie par les sculptures qui en ont été le plus durable fruit. Ne posséderions-nous aucun autre témoignage, le lieu même de leur trouvaille serait-il incertain, qu'elles suffiraient à démontrer — point lumineux flottant dans le noir des siècles, ou point noir errant sur le blanc des cartes — la rencontre des deux grandes civilisations de notre antiquité indo-européenne. Mais le cas n'est heureusement pas aussi désespéré, bien loin de là! Nous savons en gros où la fusion s'est faite, nous savons même à peu près quand¹ : nous n'avons qu'à en préciser dans la mesure du possible la date et l'occasion. En d'autres termes, il reste seulement à élucider les conditions générales qui encadrent, situent et relient au mouvement général de la civilisation de l'Ancien monde le fait particulier, et en soi bien établi, de l'art indo-grec. Patiemment, pièce à pièce, à l'aide d'une mosaïque de fragments détachés, nous avons tant bien que mal construit notre sujet : il ne s'agit plus que de lui donner un fond et une atmosphère. Ce faisant, nous nous garderons de dévider — érudit à peu de frais — toute l'histoire de l'Asie antérieure aux siècles qui ont précédé et suivi le début de notre ère. Comme tout à l'heure nous ne pensions rappeler de la mythologie du Bouddhisme ou de la biographie du Buddha que ce qui importait à l'interprétation des monuments, nous nous efforcerons à présent de ne retenir, parmi les faits d'ordre religieux, politique ou économique, que les plus significatifs et ceux qui intéressent directement le développement de l'art. Aussi bien les manuels ne manquent plus désormais, auxquels renvoyer le lecteur². Dès que nous relevons nos yeux, jusqu'ici obstinément penchés sur les fouilles gandhâriennes, c'est pour nous apercevoir que notre petit enclos de spécialiste se trouve sur l'une des grandes voies de l'histoire.