L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s1.31
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s1.31
- Language
- French
v3.c16.s1.31
Nous ne risquons donc pas de nous tromper beaucoup en assignant les débuts de la conversion de l'« Inde du Nord » au milieu du IIe siècle avant J.-C. : « Depuis cette époque jusqu'à nos jours, pouvait-on écrire au Ve siècle de notre ère, le Kaçmîr et le Gandhâra resplendissent de robes jaunes et sont par-dessus tout dévots aux trois joyaux¹. » Les relations des pèlerins chinois nous confirment l'une après l'autre cette antique prospérité de la Bonne Loi, encore florissante pour Fa-hien (Ve siècle), déjà chancelante pour Song Yun (VIe siècle), presque passée à l'état de souvenir pour Hiuan-tsang (VIIe siècle), quelque peu restaurée lors de la venue de Wou-k'ong (VIIIe siècle) : car (il est bon de le spécifier dès à présent) le Gandhâra, sitôt converti, allait rester jusqu'à l'invasion des Musulmans l'une des terres d'élection du Bouddhisme. A ces témoignages tardifs nous pouvons ajouter celui, plus ancien, d'Açvaghoṣa². En ce qui concerne l'époque même de nos sculptures, nous n'avons qu'à nous en fier à nos propres yeux. Assurément nous ne prétendons pas retrouver sur nos monuments des tableaux d'histoire représentant le triomphe local de la Bonne Loi, ni voir, par exemple, avec Cunningham, dans la scène où nous avons appris à reconnaître l'extinction du bûcher du Bienheureux (fig. 290 a, 298 b, 299 a), « la victoire du Bouddhisme sur le culte du feu³ ». Mais pour nous en tenir aux plus prudentes généralités, dès l'Introduction de cet ouvrage, nous n'avons su ce qu'il fallait admirer le plus, de la multitude des ruines ou de la profusion des sculptures qui les décoraient⁴. Que cette double constatation suffise à attester le grand et durable succès de la doctrine au Gandhâra, nul n'en disconviendra sans doute. Il est vrai que, réciproquement, le nombre et la richesse de ces fondations religieuses seraient inexplicables sans une exceptionnelle floraison de dévotion :