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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s1.45

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s1.45

Language
French

v3.c16.s1.45

La première qui se présente à l'esprit est d'incriminer l'astuce des moines, toujours prêts à spéculer sur la superstition populaire. Mais cette raison à la Voltaire ne suffit plus, depuis qu'on s'est aperçu que les faits sociaux ne sont pas susceptibles d'une explication aussi simpliste. La mendiante rapacité de la communauté est une chose, et la crédulité complice des fidèles en est une autre : nous avons autant besoin de celle-ci que de celle-là pour justifier non seulement l'idée, mais encore le succès de l'opération. Cela donne à penser qu'elle ne fut pas le résultat d'une escroquerie ouverte. Remarquez d'ailleurs qu'à moins d'admettre une mise générale à l'encan des jâtaka et leur marchandage entre les monastères de la contrée, aucune explication de cet ordre ne pourrait rendre compte de l'installation de telle ou telle légende en tel lieu plutôt qu'en tel autre. A fait particulier il faut une cause spéciale : en voici une que suggère l'étude des monuments figurés. Le pis qu'il faille admettre comme point de départ de la théorie, c'est que les choses se soient passées le plus naturellement du monde. Le pays se convertit, les couvents s'élèvent près de toutes les grosses bourgades, des donateurs chargent des artistes de les décorer, ceux-ci empruntent leurs sujets à la légende bouddhique : tout cela va de cire. Imaginez à présent que tel tableau ou telle sculpture soit un chef-d'œuvre particulièrement réussi et devienne l'orgueil et le joyau de la galerie d'art religieux qu'était chaque monastère :