L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t4.21
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t4.21
- Language
- French
v3.c16.s2.t4.21
*La Gnose et le Bouddhisme.* — Songeons-y bien en effet : pour ne relever que les faits qui nous intéressent, c'est le temps où Philostrate écrit pour charmer les loisirs d'une impératrice syrienne la biographie d'Apollonios de Tyane; où l'on commence à rédiger à Édesse les aventures de saint Thomas dans les Indes; où Scythien, riche et ingénieux marchand de la Saracène, devenu théosophe en Égypte, et son disciple Térébinthe, qui se faisait appeler Buddha, jettent les bases de la fameuse doctrine à laquelle, vers la fin du IIIe siècle, Manès prêtera son nom et le prestige de son cruel martyre ¹. D'une manière générale, c'est l'époque qui, sous de multiples formes, vit fleurir la « gnose », cet éclectisme ou (si l'on préfère) ce syncrétisme mystique et ésotérique, qui écrémait toutes les doctrines religieuses, s'autorisait de tous les livres saints, utilisait au service de son explication métaphysique du monde tous les mythes et les symboles de l'Orient. Dans l'étrange symphonie dont s'enivraient alors les esprits, l'Inde tenait, on le voit, sa partie. Si l'on voulait préciser, on trouverait sans doute que la théorie de la transmigration des âmes selon leurs œuvres ou metensômatose, et la discipline ascétique du monachisme représentent sa plus importante contribution à cette macédoine de toutes les traditions égyptiennes ou babyloniennes, mazdéennes ou juives, plus ou moins liée de néo-platonisme grec. Et il serait bien surprenant qu'elle n'eût pas de son côté, en dépit de son peu de perméabilité