L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t4.25
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t4.25
- Language
- French
v3.c16.s2.t4.25
Une première présomption est aussitôt créée en ce sens par les multiples invasions qu'elle ne cesse de subir et qui toutes font irruption chez elle par la voie du Nord-Ouest. Après l'hégémonie des Grecs et des Scytho-Parthes, celle même des barbares Yuetche dut aider à la pénétration des idées religieuses de l'Asie antérieure. Citerons-nous tout de suite un fait d'évidence trop matérielle pour que personne songe à le contester? La cohue des divinités grecques, persanes ou indiennes qui se pressent sur le revers des monnaies des Kuṣaṇas constitue un véritable panthéon gnostique et jette un jour curieux sur la bigarrure de leur vernis de civilisation. Sans doute, si l'on en croit le grand rôle joué par Mithra, Mâo, Nana (Anaïtis), Ardochsho, Pharro, etc., ils s'étaient laissé quelque peu iraniser en Bactriane. Mais leur mazdéisme s'était également frotté d'hellénisme, puisque c'est l'alphabet grec qu'ils emploient pour écrire tous ces noms de divinités, à continuer par ceux d'Hélios, de Sélènè ou d'Héraklès. Et enfin ce n'est pas à nous d'oublier le contingent fourni par l'Inde en la personne d'Oèsho (Çiva), Skanda, Mahâsêna, etc., et même du Buddha. A la vérité ce dernier occupe sur le monnayage des grands Kuṣaṇas une place beaucoup plus modeste que celle que nous aurions été disposé à lui accorder sur la foi des traditions bouddhiques. Peut-être oublions-nous trop aisément que, tout d'abord, ces rois n'étaient dans l'Inde que des envahisseurs; qu'ensuite rien ne se laisse deviner des idées religieuses de Huviṣka; et qu'en ce qui concerne Vâsudêva, s'il ne se proclame nulle part «Bhâgavata» aussi nettement que Vima-Kadphisès se disait tout à l'heure «Mâhêçvara», son nom semble indiquer des tendances au vishnouisme. Quoi qu'il en soit, le Buddha paraît tout au moins sur les monnaies de Kaniṣka, le seul de ces potentats dont la conversion au Bouddhisme soit avérée. Cette apparition sensationnelle pour notre objet ne complète pas seulement la mixture attendue des mythologies : la compagnie où il se trouve prouve assez qu'il était déjà passé dieu et même, pour quelques-uns de ses fidèles, « dieu des
Cites (3)
- Āndhra Mahābhāgavatamu — Bammera Pōtana, Telugu
- Śiva — Sanskrit
- Skanda Purāṇa (Kumāra Kavi) — Kumāra Kavi, Sanskrit