L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t4.29
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t4.29
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- French
v3.c16.s2.t4.29
Faut-il cependant nous borner à ces constatations, en somme superficielles? Elles nous invitent plutôt à aborder la question, infiniment plus délicate et ouverte aux controverses, de l'influence de l'Asie antérieure sur les idées et les textes du Bouddhisme, pour ne pas parler des autres religions de l'Inde du Nord. Comment ne pas se souvenir que cette apothéose du Buddha faisait partie du mouvement qui transformait alors et élargissait, au point de la rendre méconnaissable pour ses vieux adhérents, la doctrine du Maître? Au nom de Kaniṣka s'associe justement, dans l'histoire de l'Église, la tenue du troisième et dernier des grands conciles. Le roi, nous dit-on, l'aurait réuni, tôt après sa conversion, afin de mettre un terme aux dissentiments d'ordre dogmatique qui divisaient la Communauté. Apparemment le vénérable Pârçva et les autres conseillers du barbare néophyte se proposaient d'étouffer l'esprit nouveau suscité par l'infiltration des idées mazdéennes, voire même judéo-chrétiennes : car les marchands syriens devaient jouer dans leurs comptoirs orientaux, en attendant les vrais missionnaires, le même rôle de colporteurs religieux que l'on s'accorde à leur attribuer en Occident¹. Sans doute il est bien établi que la propagande chrétienne s'est tout de suite orientée vers la Méditerranée², tandis que le Bouddhisme s'est au contraire tourné vers l'Asie centrale et l'Extrême-Orient : mais leur rencontre n'en était pas moins inévitable dans la zone intermédiaire de l'Iran; et d'ailleurs l'existence de colonies chrétiennes dans l'Inde va bientôt devenir un fait historique. S'il y a eu des rapports entre le Bouddhisme et le Christianisme (il existe déjà sur ce sujet toute une bibliothèque), c'est à ce moment et dans ce milieu qu'on pourrait en entrevoir la possibilité. Il ne s'agirait d'ailleurs dans notre esprit que d'une influence de la légende chrétienne sur le néo-Bouddhisme du temps, pour ne rien dire de son néo-Krishnaïsme. Quoi qu'il en soit, de l'espèce de concile de Trente convoqué par Kaniṣka sortit, comme il arrive, l'affermissement de la Réforme. Le Mahâyâna, qui déjà respire, mais se cherche encore dans les écrits d'Açvaghoṣa, achève de prendre conscience de lui-même.