L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t4.35
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t4.35
- Language
- French
v3.c16.s2.t4.35
Cette première impression ne ferait que se confirmer si nous nous attachions à retrouver dans les nouveaux sûtra, tels que le Lotus de la Bonne Loi, par exemple (pour ne rien dire, cette fois encore, du Mahâbhârata), le même verbiage moralisant et les mêmes imaginations apocalyptiques qui caractérisent les traités gnostiques du genre de la Πίστις Σοφία. Mais, sur cette pente, une considération nous arrête. Le Gandhâra, nous l'avons dit, était le pays d'élection de la vieille secte des Sarvâstivâdins, et c'est cet asile de l'orthodoxie hinayâniste que Kaniṣka aurait d'abord proposé comme siège de son concile¹. Il est donc à présumer qu'il sera resté assez longtemps indemne de l'influence dite mahâyâniste. De fait, c'est bien plus tard qu'il se mettra à fournir de docteurs la nouvelle doctrine. Pour l'instant, même dans les textes les plus avancés de la secte dominante, tels que le Lalita-vistara, nous ne trouvons pas trace ni de la théorie toute mazdéenne des Dhyâni-Buddhas et de leurs hypostases, ni de la dévotion à l'Amshaspan de lumière que dut être Amitâbha avant de prendre la présidence du paradis bouddhique « de l'Ouest ». Est-ce à dire que l'on ne puisse déjà déceler dans le Lalita-vistara quelques symptômes non équivoques d'influence étrangère? Plus d'un détail y sonne trop familièrement à nos oreilles européennes pour ne pas éveiller notre défiance à ce sujet. Rien qu'en l'examinant à notre point de vue archéologique, nous avons cru relever çà et là l'indice de remaniements visiblement inspirés par nos conceptions ou nos coutumes occidentales. Tel serait le cas, sans sortir du cercle de nos préoccupations habituelles, pour certains aspects qu'il prête à la Tentation, et surtout pour l'épisode de la présentation de l'enfant-Buddha au temple, ou encore pour le couronnement dont il souligne le rôle messianique de Maitrêya².
Cites (4)
- Maitreyopaniṣad — Sanskrit
- Mahābhārata — Vyāsa, Sanskrit
- Saddharmapuṇḍarīkasūtra — Sanskrit
- Lalitavistarā — Haribhadra Sūri, Sanskrit