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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t4.4

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t4.4

Language
French

v3.c16.s2.t4.4

LONGÉVITÉ, UNIFORMITÉ, MÉDIOCRITÉ. — Telle est du moins l'impression que nous ont dès l'abord produite, dans leur entassement et leur désordre, les ruines des couvents du Nord-Ouest. Assurément il n'y a aucune raison de douter que des fondations religieuses, de pied en cap nouvelles, n'aient continué à s'élever sur le sol gandhârien. Peut-être les fouilles bien conduites de l'avenir nous permettront-elles un jour de distinguer ces édifices, grâce à quelque détail technique de construction, et de dater, en même temps que la muraille, les sculptures qui la recouvrent¹. Mais déjà nous sommes certains que l'activité des générations postérieures à Kaniṣka ne s'est nullement détournée des monuments que son règne et ceux de ses prédécesseurs avaient vu se construire selon un plan régulier et recevoir leur décoration normale. On se rappelle peut-être combien d'additions et de reprises successives nous avons eu l'occasion de constater sur les sites les plus connus parce qu'ils ont été les mieux déblayés². Le IIe et le IIIe siècle de notre ère nous paraissent justement être l'époque des nombreux édicules plus ou moins asymétriques, chapelles ou stûpa, par lesquels les donateurs tard venus ont pris à tâche de boucher les derniers vides entre les constructions anciennes et d'utiliser tout le terrain demeuré disponible aux abords d'un sanctuaire consacré par une longue tradition. Ainsi s'explique par exemple que des monnaies de Huviṣka et de Vâsudêva aient pu être découvertes à Takht-î-Bahai et à Jamâl-Garhî à côté d'œuvres qui nous ont paru remonter à la meilleure époque. L'aspect des fouilles prouve jusqu'à l'évidence que la piété des zélateurs s'est exercée pendant plusieurs centaines d'années sur ces deux collines sacrées : et sans doute il en a été de même ailleurs, surtout dans le voisinage des grandes villes. Il ne faut pas chercher d'autre cause aux difficultés presque inextricables que présente le déblaiement d'un couvent comme celui de Kaniṣka à Shâh-jî-kî-Ḍhêrî, où les premières constructions ont eu le temps de devenir les substructions des ruines les plus voisines de la surface (1). A l'embarras des archéologues il reste du moins cette consolation qu'ils en peuvent déduire, comme un fait acquis, la longévité de l'école.

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