L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t4.44
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t4.44
- Language
- French
v3.c16.s2.t4.44
nous ont semblé ci-dessus dénoncer une date tardive : on s'apercevra aussitôt que la pratique des gestes conventionnels, le rite de se découvrir l'épaule droite et l'habitude de se retourner les pieds en les croisant sont autant de coutumes indiennes. Si peu à peu elles se font jour, puis s'imposent de façon constante sur les sculptures, c'est parce que le milieu réagit contre les modes étrangères et finit par les évincer pour leur substituer des traits de mœurs et des usages locaux. Nous verrons bientôt ce phénomène d'adaptation ou même d'assimilation engendrer promptement à Mathurâ comme à Amarâvatî des formes d'art inédites et faciles à dater. Dans l'école du Gandhâra, tout au contraire, l'indianisation des motifs, pour inévitable qu'elle soit, traîne à ce point en longueur qu'elle ne provoque aucune modification de style tant soit peu brusque ou tranchée, aucun changement de manière susceptible de fournir des jalons à l'historien de l'art. On dirait plutôt qu'on s'est indéfiniment borné à reproduire servilement des modèles qui, il est vrai, multipliés sans trêve par des générations d'artistes et de donateurs, s'imposaient de toutes parts à l'imitation de la postérité. Nous sommes bien forcés de croire qu'après une si longue acclimatation de l'influence classique, le Gandhâra ne réagissait que faiblement contre un apport qui avait cessé de lui être étranger.