L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.10
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.10
- Language
- French
v3.c16.s3.10
Prenant le Gandhâra comme tremplin, l'art gréco-romain a pu rebondir jusqu'aux bornes du vieux monde, mais ce n'est qu'un rebondissement. La balle a touché terre, elle n'arrive plus de plein fouet. C'était de l'art hellénistique que l'Inde du Nord-Ouest avait importé : c'est de l'art gréco-bouddhique qu'elle réexporte, et il n'y a pas que le nom qui ait changé. Puis les conditions de cette diffusion ne sont plus celles que nous avons vues jusqu'ici à l'œuvre. Nous n'avons pu expliquer la création locale de l'école gandhârienne qu'à l'aide d'un afflux d'artistes hellénisants, prolongé par grâce spéciale pendant près de trois siècles. Désormais, nous ne rencontrerons plus guère de ces artistes itinérants, mais surtout des pèlerins et des moines missionnaires, colportant des objets de piété pêle-mêle avec des textes. Sans doute les zélateurs de Chine ou d'Insulinde ont voulu remonter à la source : mais pour eux cette source n'est plus l'Orient hellénisé. Conformément au procédé traditionnel des boutures empruntées à l'arbre de la Bodhi, ils ont désiré, selon une curieuse formule, « obtenir un maître qui, rameau de la doctrine du Buddha, devînt la racine de la secte dans leur pays¹ » : mais qu'il s'agît d'un docteur de la loi, d'un traducteur de textes ou d'un ouvrier d'images, c'était naturellement vers l'Inde qu'ils se tournaient.