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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.s1.11

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.s1.11

Language
French

v3.c17.s1.11

La technique de l'ancienne école. — Il n'y a pas à se le dissimuler : la continuité désormais établie de l'influence occidentale dans l'Inde depuis les premières colonnes d'Açoka jusqu'à la dernière porte de Sânchi, jointe à la quasi-contemporanéité des deux écoles du Nord-Ouest et du Centre, tend à compromettre plus sérieusement que par le passé l'originalité de l'art indien. Toutefois il reste encore aux indianistes une ligne de retraite apparemment solide. Après tout (la forme causative du verbe employé le prouve), le Garuda que cet Héliodore fit ériger au haut d'un pilier de pierre¹ en l'honneur de Viṣṇu était un travail indigène, tout comme la décoration des vieux stūpa bouddhiques des environs. Or il est deux choses que personne ne s'avisera de contester : c'est, d'abord, que cette dernière, avec tout ce qui s'y mêle d'ingénuité pittoresque et de symbolisme conventionnel, est l'expression directe du génie indien; c'est, ensuite, que ces reliefs, si bien fouillés et polis, se présentent tout autrement que comme des essais de simples débutants dans l'art difficile de la sculpture. Forts de ces deux constatations, nous sommes autorisés à penser que l'Inde ancienne possédait un art suffisamment développé pour que l'emprunt de quelques motifs décoratifs n'en pût compromettre l'originalité foncière; et, quant aux procédés de facture et de composition de ses vieux récits sur pierre, parfois si habilement traités, toujours si encombrés de détails accessoires, pourquoi n'y pas reconnaître simplement l'héritage des vieux sculpteurs sur ivoire ou sur bois, sans qu'il soit besoin de faire intervenir l'action perturbatrice d'aucune influence étrangère ?... Nous ne demanderions pas mieux; mais, sur ce dernier point, la thèse, par ailleurs fort défendable, n'est pas seulement sujette à caution : elle est encore susceptible d'une vérification expérimentale. Les questions matérielles de technique sont de celles qui prêtent à une enquête méthodique; et l'archéologie partage avec l'histoire naturelle la capacité d'établir, d'après des caractères extérieurs, non seulement la classification des genres et espèces, mais encore les lois de leur évolution. Le petit jeu auquel nous nous sommes livrés jusqu'ici, de compter sur nos doigts les flagrants délits d'emprunt, est tout à fait superficiel. Il y a des procédés plus savants pour dépister des influences plus subtiles, mais non moins intéressantes à démêler. Ce qu'il faudrait seulement, c'est qu'un expert impartial, habile à manier ces méthodes, appliquât une bonne fois aux vieux bas-reliefs indiens les règles générales qui régissent le développement formel de l'art plastique.

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