L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.s1.15
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.s1.15
- Language
- French
v3.c17.s1.15
non moins significatif — uniquement appliqué à la décoration des édifices. Bref, pour toutes ces raisons, à savoir « la parfaite connaissance des moyens représentatifs de l'obliquité, son caractère narratif, sa méthode continue de narration et son rôle exclusivement décoratif », l'ancien art bouddhique est « non point original, mais dérivé(1) » : entendez qu'il est dérivé, au même titre que celui du Gandhâra, de l'art hellénistique. A l'appui de sa démonstration, M. della Setta invoque encore l'absence dans la vieille école, en contradiction directe avec son orientation toute biographique, de la figure du Buddha. Car comment, demande-t-il, un art autochtone et spontané, déjà en possession des derniers perfectionnements de la technique et de la composition, se serait-il amusé à se décapiter lui-même en s'interdisant de représenter le héros de ses représentations? Et sans doute nous sommes de son avis; mais l'argument est à deux tranchants : en prouvant qu'il y a eu sur ce point particulier une résistance irréductible opposée à l'influence venue du dehors, il démontre la réalité et la vigueur de la tradition locale(2). Il y aurait de même beaucoup à dire à propos des arguments tirés du caractère décoratif et narratif des vieux bas-reliefs(3) : mais la première raison avancée par M. della Setta nous paraît vraiment topique. A Sânchi, et même à Barhut, il y a des figures qui « tournent », affranchies de cette loi de la « frontalité » qui pèse sur tous les essais plastiques des primitifs. Cela n'a l'air de rien, et c'est déjà le comble de l'habileté technique; mais, comme ce secret d'atelier est le monopole des Grecs, sa seule manifestation suffit à prouver l'influence occidentale dans ce que l'Inde nous a laissé de plus ancien.