L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.s1.30
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.s1.30
- Language
- French
v3.c17.s1.30
Nous ne ferons pas chorus avec lui. Une interprétation beaucoup plus simple, et surtout moins sectaire, de ces indéniables similitudes s'offre à nous. Tout d'abord on conçoit que celles-ci se soient trouvées favorisées par la ressemblance extérieure des deux ordres monastiques des Jainas et des Bauddhas. A l'heure actuelle, les Çvetambaras qu'on rencontre dans les rues d'Ahmedabâd ou d'Oujjaïn ne diffèrent des bonzes de Ceylan que par la couleur de leur robe, blanche au lieu d'orangée : comment s'étonner que pour représenter le Jina, ce pendant contemporain du Buddha, les sculpteurs se soient servis du même type, à l'absence d'uṣṇīṣa et à la nudité près? Mais à cela nous entrevoyons une raison encore meilleure ; c'est qu'après tout Buddhas et Jinas étaient l'œuvre des mêmes sculpteurs. Il faut, à notre avis, s'ôter de la tête l'idée préconçue (et que la division des chapitres du livre de Fergusson sur l'architecture indienne n'a que trop contribué à répandre) que les diverses religions de l'Inde avaient jadis chacune leur art et leurs artistes particuliers. Nous n'avons connaissance de rien de pareil et ne voyons pas qu'il en était d'elles comme du lamaïsme moderne, où les ministres du culte se réservent aussi le soin d'en fabriquer les objets. D'après les vieilles inscriptions votives, les donateurs, qu'ils soient laïques ou religieux et à quelque secte qu'ils appartiennent, se bornent à passer leur commande, ainsi que l'atteste la forme causative des verbes — et, espérons-le, à payer. Tous