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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.s1.33

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.s1.33

Language
French

v3.c17.s1.33

ceux d'une même ville opèrent apparemment sur le même marché et, s'adressant aux mêmes ateliers, n'en obtiennent que des œuvres fort ressemblantes entre elles. Pour parler net, nous ne voyons pas qu'à aucune époque ni dans aucune région de l'Inde, aient coexisté des arts bouddhique, brahmanique et jaïn distincts par leurs procédés ou leur style : nous apercevons seulement une corporation d'artistes travaillant presque indifféremment pour des clients de toute confession. En somme il n'y avait en un temps et en un lieu donnés qu'une école d'art à qui demander de figurer sa mythologie, comme il n'y avait qu'un dialecte courant auquel confier ses traditions. Ainsi naissent naturellement les iconographies hiératiques comme les langues sacrées : seulement celles-ci semblent se cristalliser plus vite que celles-là. Les canons linguistiques sont déjà fixés que ceux de l'art évoluent encore. Nous possédons, par exemple, dans l'Inde centrale, des images bouddhiques, jaïnes et brahmaniques de la période Gupta : il suffit de comparer les Buddhas ou Bodhisattvas de Sârnâth avec tels Jinas de Lakhnau ou les Çiva et Viṣṇu de Déogarh¹ pour constater que toutes ces statues sont de même style, tout comme si elles sortaient des mêmes mains. Et si l'expérience vous intéresse, il ne tient qu'à vous de la recommencer, à quelques siècles de distance, sur les sculptures appartenant à ces trois mêmes religions et qui voisinent de grotte en grotte dans la falaise d'Ellora.

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