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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.s1.50

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.s1.50

Language
French

v3.c17.s1.50

1° L'Inde ancienne (et par Inde nous entendons avant tout le cœur même du pays, c'est-à-dire le bassin du Gange) a eu sûrement un art. Il n'est société si inférieure qui n'en ait un, et l'Inde avait développé, bien avant Alexandre ou Cyrus, une civilisation assurément fort peu vêtue, mais déjà raffinée : car, pour être civilisé, il n'est pas aussi nécessaire que les Européens sont disposés à le croire de porter un costume complet. Seulement de cet art nous ne savons pour l'instant absolument rien : et, par suite, il serait plus sage de n'en rien dire, si notre ignorance même et le persistant silence des fouilles ne nous donnaient à penser qu'il n'a pas connu, dans la patrie de la théosophie et de la linguistique, un développement comparable, même de loin, à celui qu'avait pris dans la vallée du Nil ou en Mésopotamie. Les premiers monuments conservés, datant de l'époque des Mauryas (IIIe siècle), portent déjà la marque de l'influence gréco-persane. Les sculptures du temps des Çungas (IIe siècle) n'en gardent pas moins une allure toute primitive : et si les imagiers de Barhut ont pris un tel soin de graver les titres de leurs bas-reliefs, c'est apparemment qu'ils avaient conscience d'être des initiateurs. Sur les productions de la période Andhra, l'intrusion des procédés et des conceptions plastiques importés du Nord-Ouest se fait de plus en plus visible : elles présentent cependant un si curieux mélange de maladresse et d'habileté dans la facture, d'hérédités indigènes et de suggestions étrangères dans la composition, qu'elles n'en donnent pas moins l'impression d'œuvres spécifiquement indiennes.

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