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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t1.100

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t1.100

Language
French

v1.c2.s3.t1.100

Pour soixante ans de prédications, de dépenses, de voyages entre Rome et l’Himalaya, le résultat était au moins médiocre. La science n’y avait pas gagné beaucoup plus que la religion. Les Capucins avaient trouvé sous la dynastie des Mallas une situation exceptionnellement favorable, la route de Lhasa ouverte, le Népal accueillant, le bouddhisme florissant, le pays prospère, la science et l’art en honneur, les lettres en faveur. Tant d’avantages demeurèrent pourtant stériles. Pour mesurer ce que coûte à la science l’impéritie ou l’incurie des Capucins, qu’on se rappelle les circonstances où, vers 1820, l’Anglais Hodgson entreprit ses travaux sur le Népal : le pays, conquis par les Gourkhas, était sévèrement fermé, le bouddhisme disgracié et déchu ; la suspicion, la violence, la brutalité régnaient en souveraines ; les ruines du pillage continuaient à encombrer les villes mises à sac ; et cependant le labeur persévérant d’un seul homme, entrepris et poursuivi sous d’aussi fâcheux auspices, révélait à l’Europe une littérature, une religion, un chapitre considérable de l’histoire humaine. Une bizarre fatalité, qui n’est peut-être pas sans rapport avec la désastreuse négligence des communautés franciscaines, s’est encore acharnée sur les rares monuments de leur médiocre activité. Le P. Horace de Penna, le mieux doué de tous, « avait traduit en italien des livres tibétains sur la transmigration, et composé des livres en tibétain comme aussi en nivarrais ou nekpalais, à savoir un dictionnaire tibétain-français de 35 000 mots, avec un dictionnaire français-tibétain, une adaptation du Manuel du Cardinal Bellarmin et du Trésor du Christianisme de Turlot¹ » ; il ne subsiste² que les lettres sur le Tibet, si précieuses au reste, recueillies et publiées par Klaproth³. Le P. Constantin d’Ascoli avait compilé en 1747 des « Notices sur quelques usages, sacrifices, et idoles du royaume de Népal » qui étaient encore conservées à Rome en 1792 dans la bibliothèque de la Propagande⁴. Le manuscrit, qui était orné de dessins, a disparu depuis. M. de Gubernatis, qui l’a recherché sans succès, a trouvé à la Bibliothèque Victor-Emmanuel un résumé de ce mémoire, réduit à une simple table des matières ; il l’a publié à la suite des papiers de Marco della Tomba¹. Le P. Joseph d’Ascoli et le P. François de Tours, qui étaient montés les premiers à Lhasa en 1707-1709, avaient écrit une relation de leur voyage² ; le P. Tranquillo d’Apecchio, qui était Préfet de la mission en 1757³, avait également rédigé un journal de route⁴. La Relation et le Journal se sont perdus. Le P. Cassien de Macerata avait recueilli « des notes abondantes sur les Népalais et les Tibétains, leurs mœurs, leur littérature, leur religion⁵ » ; ces notes se sont aussi perdues⁶. Le seul ouvrage issu