Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t1.161
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t1.161
- Language
- French
v1.c2.s3.t1.161
*Sciuscha*, ou *Chuscha*, localité d'environ vingt familles [Chósyáng]. Région très froide ; elle est baignée par une rivière sur la rive orientale de laquelle est une source jaillissante d'eau chaude ; l'eau chaude est recueillie en plusieurs fosses, comme dans des thermes. Les indigènes s'y tiennent longtemps plongés pour réchauffer leurs membres raidis. La route est, comme la veille, abrupte et exposée aux périls, car on monte sans cesse des montagnes presque chauves et neigeuses, avec la rivière *Nohothà*, coulant au fond parmi les roches. Enfin on arrive à *Kuti*, ou peut-être aussi *Kut*, limite et garnison septentrionale du Népal. Elle appartenait autrefois au royaume de Népal¹ ; mais les trois roitelets l'ont cédée aux Tibétains quand le chemin de l'Hindoustan par le Népal a été ouvert. Car auparavant le chemin du Tibet passait par le *Bramascion* [Sikkim], et cet ancien chemin était plus facile et plus commode. Les gens de l’Hindoustan pouvaient y passer avec des bêtes de somme et porter leurs marchandises au Tibet par une voie plus courte. Mais les voyageurs périssaient en plus grand nombre des atteintes de l’*olla* [aoul, malaria] qui sévissait avec vigueur et constamment par toute saison. La voie ouverte par le Népal permet d’échapper à ce danger quatre mois de l’année, ou même cinq, de novembre à avril. Les porteurs qui retournent au Népal sont tenus de rapporter une mesure fixe de sel, dans l’intérêt du pays, car le sel y manque¹.