Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t1.167
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t1.167
- Language
- French
v1.c2.s3.t1.167
La description du P. Marc, d'après le P. Tranquille, néglige les indications d'étapes, et insiste sur les dangers du voyage : « Du Népal, pour aller à Lassa, capitale du Grand-Tibet, et où nous avions un hospice, le chemin se dirige vers le N.-E. par des montagnes, des rivières et des forêts si difficiles qu’en bien des endroits ni bœufs ni ânes n’y peuvent passer. C’est pourquoi les marchands du Népal, qui ont grande correspondance avec Lassa, n’ont pas d’autre moyen de transporter leurs affaires que sur leurs propres épaules, ou sur certains boucs qui sont très grands et qui portent un poids médiocre. On va en montant et en descendant les montagnes, passant avec difficulté les cours d’eau qui, parmi de telles montagnes, ont une violence très grande, tout pleins de roches et de grosses pierres, particulièrement en deux endroits où il faut passer sur des chaînes qui sont assez mal attachées de part et d’autre, d’un roc à l’autre, tandis que le torrent roule à une profondeur telle que la tête tourne à le regarder. Et bien des voyageurs se bandent les yeux et se font lier sur une planche qu’on assujettit bien aux chaînes, et ils se font ainsi passer par quelque indigène expert. En cheminant ainsi pendant dix jours, en ne trouvant que peu de lieux habités, on arrive à la fin à une ville nommée Cuti, située sur un mont aride où finit la terre du Népal et commence celle du Tibet, de sorte que la ville même est divisée par le milieu, une moitié faisant partie du Népal, une moitié du Tibet¹. A cette ville de Cuti finissent les montagnes ; on sent en cet endroit un changement complet et subit de climat ; on a brusquement des froids très intenses, de la glace et de la neige. De ce lieu cheminant encore un mois, par d’autres montagnes petites et remplies de neige toute l’année, mais avec une route assez facile et habitée, si bien que chaque jour on trouve des endroits habités où on peut avoir tout le nécessaire, et qu’on peut aller à âne ou à cheval, etc., la route est sûre, et à peu de frais on peut faire commodément le voyage.