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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t1.176.1

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t1.176.1

Language
French

v1.c2.s3.t1.176.1

Vingt-quatre ans s'écoulèrent sans qu'un seul Européen fût admis à visiter le Népal. Cependant, la Compagnie Britannique des Indes Orientales, déjà maîtresse d'un immense domaine et souveraine dans l'Hindoustan depuis la ruine de sa rivale française, se préoccupait du royaume mystérieux qui commandait les passes entre l'Inde et le Tibet, et que sur de vagues rumeurs on tenait pour « un nouvel El Dorado ² ». Déjà une première tentative d'intervention avait échoué ; en 1768 les trois rois du Népal, menacés par les Gourkhas, avaient sollicité le secours des Anglais ; mais le détachement envoyé à leur aide sous les ordres du capitaine Kinloch, décimé par la malaria du Téraï, errant sans guide dans le dédale des premières vallées, s'était vu finalement contraint à une retraite désastreuse. Warren Hastings, le premier et le plus glorieux des Gouverneurs Généraux de l'Inde, aspirait à ouvrir au commerce britannique l'Asie Centrale sans recourir à la force des armes ; il noua des relations diplomatiques avec le Bhoutan et le Tibet. Le Népal resta impénétrable. Lord Cornwallis (1786-1793) s'appliqua à continuer l'œuvre de Hastings. En 1792, un premier résultat fut atteint : le résident britannique à Bénarès, Jonathan Duncan, signait avec les représentants du Darbar népalais un traité de commerce, destiné à rester toujours lettre morte (1er mars 1792)¹. Les marchandises passant d'un des pays à l'autre devaient payer un droit d'entrée de 2 et demi pour cent.