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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t1.181

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t1.181

Language
French

v1.c2.s3.t1.181

En 1800, le roi Raṇa Bahâdur Sâh vint se retirer à Bénarès; ses excentricités, ses violences, ses impiétés avaient soulevé la haine et l'horreur universelles; pour échapper à la vengeance des dieux et des hommes, il avait dû abdiquer, sous prétexte de folie. Mais le prestige de la naissance, les intérêts de clan, et surtout les adroites manœuvres de la mahârânî, sa femme, lui conservaient encore au Népal un groupe redoutable de partisans. La faction maîtresse du pouvoir crut urgent de s'assurer l'appui, ou du moins la bienveillance des Anglais. Le gouverneur général, Lord Wellesley, saisit l'occasion; il proposa au Népal de renouveler le traité négocié par John Duncan, en stipulant que chacune des puissances contractantes aurait un représentant permanent près de l'autre puissance. En conséquence, le capitaine Knox, qui avait fait partie de la mission Kirkpatrick, fut envoyé comme ministre britannique à la cour de Katmandou. Knox entra au Népal en février 1802; en mars 1803, il retournait dans l'Inde avec tout son personnel. Les Gourkhas n'entendaient pas plus que la première fois prendre au sérieux le traité signé; sans se compromettre officiellement, ils laissèrent leurs agents inférieurs multiplier les vexations à l'égard de la Compagnie, de son représentant et de ses protégés. Le 24 janvier 1804, Lord Wellesley annula expressément le traité de commerce et d'alliance avec le Darbar. Mais les onze mois passés à Katmandou par la légation britannique n'étaient point perdus; un des auxiliaires de Knox, Francis (Buchanan) Hamilton, une des gloires du Service Civil et « le père de la statistique indienne », avait employé l'année à une enquête patiente et minutieuse sur le royaume de Népal et particulièrement sur les régions, encore entièrement inconnues, situées à l’Est et à l’Ouest de la vallée centrale. Hamilton profita, pour compléter ses notes, d’un séjour de deux ans qu’il fit plus tard comme fonctionnaire de la Compagnie sur la frontière du Népal, et ne se décida qu’en 1819 à publier le livre qu’il avait si laborieusement préparé¹. La carte jointe au volume², comparée à celle de Kirkpatrick, marque clairement les progrès dus à Hamilton. L’itinéraire adopté d’un commun accord pour le passage de la mission coïncide entièrement avec la route actuellement en usage à partir de Bichako, à l’entrée des premières hauteurs ; il ne s’en écarte, et de très peu, qu’à travers le Téraï où il passe par Galpasra, légèrement à l’Ouest du tracé actuel.