Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t1.41
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t1.41
- Language
- French
v1.c2.s3.t1.41
« [On traverse le « Napal », puis] la caravane estant donc arrivée au pied des hautes montagnes connues aujourd'hui sous le nom de *Naugrocot* et que l'on ne peut passer en moins de neuf ou dix jours, comme elles sont fort hautes et fort étroites avec de grands précipices, quantité de gens descendent de divers lieux, et la plus grande partie est de femmes et de filles qui viennent faire marché avec ceux de la caravane pour porter les hommes, les marchandises et les provisions au delà de ces montagnes. Voicy la manière dont elles s'y prennent. Ces femmes ont un bourlet sur les deux épaules, auquel est attaché un gros coussin pendant sur le dos sur lequel l'homme est assis. Elles sont trois femmes qui se relayent pour porter un homme tour à tour, et pour ce qui est du bagage et des provisions on les charge sur des boucs qui portent jusqu’à cent cinquante livres. Ceux qui veulent mener des chevaux dans ces montagnes sont souvent obligés dans des passages étroits et dangereux de les faire guinder avec des cordes ; c’est comme j’ay dit pour cette difficulté qu’on ne sert mesme guère de chevaux dans ce païs-là. On ne leur donne à manger que le matin et le soir. Le matin on prend une livre de farine avec demi-livre de sucre noir et demi-livre de beurre, et on pétrit tout cela ensemble avec de l’eau pour le donner au cheval. Le soir, il faut qu’il se contente d’un peu de poids cornus cassez et trempez demi-heure dans l’eau ; et voilà en quoy consiste toute leur nourriture en vingt-quatre heures. Ces femmes qui portent les hommes ne gagnent chacune que deux roupies en ces dix jours de traverse, et l’on en paye autant pour chaque quintal que portent les boucs ou les chèvres et pour chaque cheval que l’on veut faire mener.