Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c3.s1.13
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c3.s1.13
- Language
- French
v1.c3.s1.13
Le bouddhisme, malléable et accommodant, avait pu s'introduire dans l'organisation des Névars sans la bouleverser; il semait discrètement les idées et les doctrines de l'Inde et laissait lentement mûrir la moisson. Dès qu'elle fut mûre, un adversaire brutal vint la lui disputer. Le brahmanisme sacerdotal, menacé de mort par le triomphe des hérésies, avait habilement cherché son refuge dans les cultes populaires; il les avait adoptés, consacrés, et reprenait la lutte avec des dieux rajeunis et un panthéon remis à neuf. La tradition, au Népal comme dans l'Inde, a incarné cette crise dans Çankara âcârya, le plus redoutable champion de l'hindouisme brahmanique. Elle le fait paraître deux fois au Népal, en employant deux fois le même procédé de rattachement factice : la présence de deux Çankara (deva) sur les listes généalogiques des rois Sûryavamçi et des rois Thâkuris y est interprétée comme un souvenir positif du double passage de Çankara â ârya. Çankara arrive au Népal; il y trouve les « quatre castes » converties à la Loi du Bouddha. Il triomphe sans combat des moines (bhikṣus et çrâvakas) qui vivaient dans les couvents, remporte sur les pères de famille (gṛhasthas) une victoire éclatante, massacre une partie des vaincus, impose de cruelles humiliations aux autres, supprime les marques qui distinguaient les religieux des laïques, contraint les religieuses au mariage, et substitue au Bouddha le dieu Çiva.