Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c3.s1.15
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c3.s1.15
- Language
- French
v1.c3.s1.15
De leur côté, les familles royales, venues de l'Inde ou qui prétendaient en venir, n'étaient pas d'une noblesse à s’imposer sans discussion. Liččhavis ou Mallas, leur nom brillait d’un éclat inquiétant dans les annales du bouddhisme. Au ivᵉ siècle, Samudra Gupta, empereur de l’Hindoustan, pouvait encore tirer vanité de sa parenté avec les Liččhavis¹. Les préjugés brahmaniques avaient fait du chemin depuis, et le code dit de Manu, qui donnait à l’orthodoxie ses articles de foi, classait les Liččhavis et les Mallas (avec les Khasas appelés à recueillir un jour leur succession) parmi les castes illégitimes issues des kṣatriyas². Leurs ancêtres étaient bien des kṣatriyas authentiques, unis avec des femmes de même caste; mais un d’entre eux avait négligé ses devoirs sacrés, et son fils avait été par suite exclu de la Sâvitrî, la formule d’initiation qui « régénère » les hautes castes, rabaissé à la condition de kṣatriya dégénéré (vrâtya), et la tache indélébile s’était transmise à sa descendance. Pour reconquérir l’honneur perdu, et frayer en égal avec les vrais Rajpoutes, Liččhavis et Mallas durent être portés, comme les Khasas après eux, à afficher un rigorisme sévère, et à repousser les alliances de rang inférieur. Le Népal eut ainsi ses kṣatriyas locaux, adorateurs à la fois des dieux bouddhiques et des dieux brahmaniques, et qui servirent naturellement de trait d’union entre les deux confessions.