Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c3.s1.163
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c3.s1.163
- Language
- French
v1.c3.s1.163
Mais la gatti ne connaît que des actes corporatifs ; les fautes contre la pureté lui échappent, car elles sont du domaine de la loi religieuse, et c'est un juge religieux qui leur convient. Quiconque est prévenu d'avoir mangé ou forniqué en compagnie prohibée, d'avoir accepté de l'eau de mains interdites, d'avoir commis un acte d'inadvertance, de négligence ou de licence qui entraîne la perte de caste, en un mot d'avoir péché contre la loi, est déféré au dharmâdhikâri ou juge suprême du royaume, et le cas est porté devant le Râja-guru, le brahmane qui sert de directeur spirituel au roi. Le Râja-guru examine l'affaire, consulte les çâstras, la littérature de la casuistique qui s'est développée avec tant d'abondance depuis le XIVe siècle, et prononce le verdict. La peine est à la fois juridique et religieuse : elle varie entre l'amende, la prison, la confiscation des biens et la déchéance de caste ; l'amende perçue est partagée entre le gouvernement, le râja-guru et certaines familles privilégiées de brahmanes; de plus le coupable est condamné à entretenir un nombre de brahmanes fixé par le jugement. La sentence indique l'expiation à accomplir; si le péché est rémissible, le coupable est tenu à un acte de contrition (prâyaçcitta); si le coupable perd sa caste, la collectivité tout entière est solidaire de la souillure et doit s'en laver; comme représentant légal et religieux du pays, le roi en personne est responsable de l'expiation (candrâyana), et les frais qu'elle entraîne, au profit des brahmanes, peuvent s'élever à des milliers de roupies.