Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c3.s1.167
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c3.s1.167
- Language
- French
v1.c3.s1.167
L'ancien costume des Névars a presque entièrement disparu; il ne se conserve que dans de rares localités, par exemple à Harsiddhi, S. de Patan, et dans certaines cérémonies religieuses où les prêtres le portent par exception: il consistait dans une sorte de jaquette collante, avec une jupe tombant aux chevilles, et ramassée à la ceinture en plis nombreux; une pièce d'étoffe roulée en écharpe recouvrait le bas de la jaquette et le haut de la jupe. Mais aujourd'hui la population a presque partout adopté le costume gourkha. Les femmes portent un corsage collant, et en guise de jupe une pièce d'étoffe, aussi ample que possible, serrée à la ceinture en plis abondants, et retroussée par derrière jusqu'aux chevilles. Elles ramassent leurs cheveux en chignon au sommet de la tête, et ne portent jamais de coiffure ; en revanche elles s'ornent à profusion de fleurs, surtout de soucis, et aussi de joyaux, en particulier d'un disque en or posé à plat sur le chignon. Comme les femmes de l'Inde, elles se passent des anneaux aux bras, aux jambes, aux oreilles, au nez. Elles vivent dès le jeune âge dans une liberté sans réserve. A huit ans, on les mène au temple et on les marie avec toutes les cérémonies requises à un fruit de bilva, qu'on jette ensuite à l'eau; l'époux disparu est toujours censé vivant, et son épouse est en droit de mettre à profit son absence; car la loi autorise la femme, en l'absence du mari, à prendre un amant de sa caste ou d'une caste supérieure; elle ne doit pas choisir au-dessous d'elle, c'est la seule restriction qui lui soit imposée. Arrivée à l'âge nubile, on lui donne une dot et on la marie; en dehors de la haute société, qui affecte les préjugés de l'Inde, la jeune fille peut courir à son aise les galants avant le mariage; après le mariage, son indépendance n'est guère moindre; si elle veut quitter son mari, elle n'a qu'à mettre sur le lit deux noix de bétel; elle peut dès lors s'en aller tranquillement. Le Névar n'a qu'une femme légitime, elle doit être de la même caste que lui, mais il peut lui adjoindre des concubines de caste inférieure, sans dépasser toutefois la limite de l'eau. L'adultère, monstrueux aux yeux des Gourkhas, n'est pas pris au tragique par les Névars; le divorce est alors de droit, et le complice doit restituer au mari les frais occasionnés par le mariage; sinon, il est puni de la prison.