Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.103
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.103
- Language
- French
v2.c6.103
justement le Tibétain Bu-ston désigne Jinamitra comme le disciple d'un disciple de Sthiramati¹. Le Vinayasamgraha serait alors du VIe-VIIe siècle, et Jinamitra en empruntant un épisode aux textes canoniques a pu y introduire un nom de date plus récente. Le nom du Népal se trouve même dans le texte d'un sûtra, le Čandragarbhasûtra, traduit en chinois par Narendrayaças entre 550 et 557 J.-C.; il y figure dans une longue et intéressante liste de peuples, qui trahit, soit une fabrication, soit un remaniement de date tardive, à peine antérieurs au traducteur lui-même². Au cours du VIIe siècle, l'Éloge des Huit Grands Čaityas, attribué au roi Harṣa Çîlâditya, place le Népal, en compagnie du Kâmarûpa parmi les pays possesseurs de saintes reliques³. La littérature des Tantras, rédigée à une époque assez basse, est naturellement familière avec le Népal où les Tantras étaient en honneur. Le Mañjuçrî-mûla-tantra, traduit en chinois entre 980 et 1000 J.-C., désigne le Népal avec le Cachemire, le Kapiça (Kia-wei-chi), la petite Chine et la grande Chine (Mahâčîna) parmi les royaumes de l'Inde du Nord où se rencontrent des asiles propices pour parfaire la pratique⁴; dans un autre passage, il enseigne les signes funestes qui présagent un malheur au Népal : « Quand, aux jours des nakṣatras Hasta, Čitrâ, Svâti, Viçâkhâ, Anurâdhâ, Jyeṣṭhâ, il y aura un tremblement de terre, alors dans le royaume du Népal (Ni-po-lo) les petits rois du dedans et d'alentour s'envahiront, se pilleront, se tueront mutuellement⁵ ». Le Sarva-tathâgata-mahâ-guhya-râjâdbhutânuttara-praçasta-mahâ-maṇḍala-sûtra nomme aussi le Népal, pêle-mêle avec le Magadha, la Chine, le Samataṭa, le Lâṭa, etc., parmi les royaumes où résident des disciples de Vajrapâṇi¹.