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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.18

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.18

Language
French

v2.c6.18

Les pagodes ne peuvent pas prétendre à rivaliser d’antiquité avec les čaityas ; aucune d’elles ne paraît remonter au delà du xvᵉ siècle. Mais leur architecture reproduit sans doute des formes de date immémoriale ; peut-être se rattachent-elles directement à la primitive architecture en bois qui précéda dans l’Inde et qui inspira même les plus anciens monuments de pierre. Une construction du même type se retrouve figurée sur la plaque de Sohgaura, qui remonte à l’époque d’Açoka³. Parmi les divers objets représentés en tête de l’inscription, on reconnaît, de part et d’autre d’un čaitya, deux pavillons identiques, chacun à deux étages, avec deux toits inclinés, en retrait progressif, portés sur une ceinture de piliers. Le Kondō et la pagode du temple d’Horiuji au Japon, élevés sous le règne de Shōtoku Taishi (593-621), attestent que dès la fin du VIe siècle le type consacré de la pagode en bois, tel qu’il existe encore au Népal, s’était propagé par l’intermédiaire du bouddhisme chinois jusqu’à la Corée, qui fut l’initiatrice des artistes japonais. La tour à neuf étages, qui provoquait l’admiration des envoyés chinois au Népal, vers le milieu du VIIe siècle (v. sup. I, 159), appartenait probablement au même style de constructions. Le Népal, ici encore, est l’image authentique d’une Inde disparue.