Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.220
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.220
- Language
- French
v2.c6.220
« Qui s'exalte dans le sentiment de sa personne (ou : ce Mânatuṅga), la Fortune le suit, qu'elle le veuille ou non! » Peut-être est-ce la devise qui convient comme paraphrase au nom de Mânadeva. Quoi qu'il en soit, lancé par le roi Mânadeva ou recueilli par lui, le mot *mâna* laisse une longue empreinte dans le passé du Népal. Après Mânadeva Ier, le Liččhavi, le nom de Mânadeva reparaît encore deux fois dans les listes dynastiques : une fois chez les Liččhavis, quatre générations plus tard; une autre fois, chez les seconds Thâkuris, peu de temps avant les Mallas. Longtemps après les Liččhavis, au xive et au xve siècle de l'ère chrétienne, les Mallas continuent à vénérer comme une divinité tutélaire, en l'associant au glorieux Paçupati, une déesse mystérieuse « qui leur a accordé la faveur de sa protection », et cette déesse est *Mâneçvarî*, la Notre-Dame de Mâna². La formule s'éclaire plus nettement encore, quand on voit un Thàkuri de Nayakot à la même époque se présenter, dans les mêmes termes, comme le protégé de Gaṇḍakî. La Gaṇḍakî, qui baigne de ses flots Nayakot, est naturellement la suzeraine de la vallée qu'elle donne en fief aux princes de son choix; Màneçvarî dispose de la vallée du Népal.