Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.227
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.227
- Language
- French
v2.c6.227
Les numismates (Cunningham, Rapson) sont d'accord pour signaler dans la facture générale des monnaies anciennes du Népal un rapport avec le monnayage de cuivre des Yaudheyas, qui formaient longtemps une confédération puissante de tribus kṣatriyas dans le Mâlava et que le puissant Rudradâman, roi Kṣatrapa du Surâṣṭra, se glorifie d'avoir vaincus (vers 150 de J.-C.). L'un et l'autre monnayage est indépendant du monnayage des Guptas, et sort directement du monnayage de cuivre des Kouchans. La formule Mânânka semble attester au contraire une influence Gupta. Ce sont les Guptas qui paraissent avoir mis à la mode les appellations de ce type : Samudra Gupta marque sa monnaie du mot *parâkrama* « marche triomphante », et dans son inscription d'Allahabad il prend (l. 17) le titre de *parâkramânka* « (le roi) qui a pour marque parâkrama ». Son successeur Candra Gupta II affecte une prédilection pour le mot *vikrama* « héroïsme » et frappe sur une série de ses monnaies la légende : *vikramânka* « (le roi) qui a pour marque vikrama »¹. Le procédé a trouvé au Népal d'autres imitateurs : une série de monnaies analogues aux Mânânka portent la légende *Gunânka*². La face présente une divinité assise dans la même attitude que sur les Mânânka ; au revers, un éléphant tourné vers sa gauche propre. Les Gunânka sont manifestement la frappe d'un Gunadeva, comme les Mânânkas de Mânadeva; les Vamçâvalis placent justement un Guna(kâma) deva cinq règnes après Mânadeva Ier, et le nom du roi Gaṇa (Guna) deva se lit sur une inscription du Ve siècle samvat, à Kisipidi.