Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.27
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.27
- Language
- French
v2.c6.27
Un des accessoires les plus répandus au Népal, également fréquent dans les temples du bouddhisme et dans ceux du çivaïsme, est le pilier indépendant, dressé devant la façade, tantôt arrondi, tantôt carré, tantôt avec les arêtes en biseau, parfois planté à même dans le sol, parfois cerclé d’un anneau à la base, ou porté sur le dos d’une tortue, et couronné presque toujours d’un lotus épanoui qui sert de chapiteau en même temps que de socle pour une image. L’usage en est très ancien ; le premier monument daté du Népal est le pilier érigé par Mâna deva devant le temple de Changu-Narayan, en 386 samvat ; ce pilier, carré du bas, devient octogonal, puis se taille à seize faces, enfin s’arrondit à la partie supérieure ; il était originellement surmonté d’un Garuḍa sous les traits d’un homme ailé fléchissant sur un genou. Le Garuḍa est tombé il y a un demi-siècle seulement, et ses débris sont conservés dans la cour du temple. Un médecin royal fit installer à ses frais un chapiteau neuf avec un čakra, le disque de Viṣṇu. Le vieux pilier de Harigaon, sur lequel est gravé l’hymne à Kṛṣṇa Dvaipāyana, a conservé son couronnement primitif : Garuḍa agenouillé sur un lotus. En d’autres cas la figure du sommet représente le donateur, comme sur la place du Darbar à Patan, ou le vâhana du dieu, son compagnon et sa monture à la fois : telle la souris devant le temple de Vinâyaka ; parfois même, comme au Matsyendra Nâtha de Patan, une allée de petits piliers porte toute une galerie d'animaux minuscules : éléphants, chevaux, lions, griffons, etc.