Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.93
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.93
- Language
- French
v2.c6.93
La procession des Banras (bânrâ-yâtrâ) n'est pas à proprement parler une fête religieuse, puisqu'elle n'implique pas de cérémonies spéciales en l'honneur d'une divinité; mais c'est une institution pieuse qui doit se répéter au moins deux fois par an, en Çrâvaṇa, le 8 badi et en Bhâdrapada, le 13 badi; mais elle peut se renouveler en tout temps s'il se rencontre une bourse charitable pour en faire les frais. Elle consiste essentiellement dans une distribution d'argent et de nourriture aux banras, et rappelle le temps où les résidents des vihâras, en véritables bhikṣus, vivaient d'aumônes. Si c'est un particulier qui offre la yâtrâ, il convoque par invitations individuelles les banras de la ville ou même de la vallée entière à un samyak-sambhojana (repas de corps); la dépense peut être très lourde, car le nombre des assistants monte parfois à une dizaine de milliers. En outre, la fête comprend des amusements, des illuminations; le roi doit y assister ou s'y faire représenter, et c'est encore un honneur qui coûte, car on doit lui offrir un trône d'argent, un parasol et de la batterie de cuisine. On élève, vis-à-vis de la maison du donateur, une estrade de bois avec un hangar ouvert sur la rue; l'ensemble est décoré de tentures et illuminé à profusion. On apporte la mitre de l'Amitâbha de Syambunath, que les vajrâcâryas viennent honorer. Puis la procession commence: on a établi au préalable, le long des maisons que le cortège des banras doit suivre, un chemin couvert, séparé de la chaussée par une barrière de bois, et qui traverse en passerelle chaque croisement de rue. Les femmes des Bouddhistes qui veulent s'associer à la fête sont venues d'avance, en grande toilette, des fleurs piquées dans la chevelure, s'installer sur le chemin de la procession avec des paniers remplis de victuailles; chaque banra du défilé reçoit au passage des fruits, ou du grain, ou de l'argent. Les paniers une fois épuisés, c'est au donateur de combler les vides. Çà et là, des groupes d'hommes mûrs ou de jeunes gens versent respectueusement de l'eau sur les pieds des banras. Les murs sont ornés de peintures, une commission de banras passe au préalable en contrôler la décence. La nuit venue, les illuminations éclairent tout le chemin. Enfin, le lendemain, la mitre, compilateur de l'original pràcrit, vers le second siècle de l'ère chrétienne¹. Vers la même époque, un peu plus tard peut être, le Traité d'art dramatique de Bharata nomme « les gens du Népal » parmi les habitants et les voisins des montagnes ².