Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s22: Note sur les deux planches annexées au premier volume
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s22
- Language
- French
Note sur les deux planches annexées au premier volume
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Les deux planches que j'ai données à la fin du premier volume : *La Procession de Matsyendra Nâtha* et *La Légende sacrée du Népal* reproduisent deux des pièces de la collection B. H. Hodgson à la Bibliothèque de l'Institut de France. Cette collection, signalée par une notice de Barthélemy Saint-Hilaire dans le *Journal des Savants* en 1863, a été soigneusement étudiée et cataloguée par M. Foucher (*Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Iʳᵉ série, tome XI, 1ʳᵉ partie, 1897*). La *Légende sacrée* y porte le n° 5, Nép. C'est « un grand rouleau de toile d'environ 1ᵐ,85 de hauteur sur 2ᵐ,15 de large, divisé en six bandes d'environ 0ᵐ,25 de hauteur ; les intervalles blancs de ces bandes sont remplis d'inscriptions numérotées et correspondant d'abord, comme dans les images d'Épinal, aux scènes figurées au-dessus d'elles, puis, à partir de l'intervalle du milieu, tantôt à celles du dessus, tantôt à celles du dessous ; des numéros nous servent d'ailleurs de guides à cet égard. Notons encore, à partir de la deuxième bande, des inscriptions sur les scènes mêmes ou en marge : toutes sont en un sanscrit fortement mêlé ou teinté de névari Les scènes qui se déroulent sont peintes de couleurs vives et bien conservées, sauf sur la lisière gauche de la toile » (Foucher).
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M. Foucher a donné une liste sommaire des scènes représentées ; ses numéros, comme on pourra s'en rendre compte, ne concordent pas avec les miens. Il a suivi fidèlement l'original dans son désordre ; j'ai cru préférable de rétablir une suite continue. Pour la description des scènes, j'avais à ma disposition, outre les notices tracées sous les bandes, deux rédactions développées composées par des pandits à la demande de Hodgson ; l'une, écrite dans un sanscrit invraisemblable, étranger aux règles les plus élémentaires de la grammaire ; l'autre, en hindoustani, presque identique aux notices du tableau. L'une et l'autre sont très voisines, sans se copier toutefois. La rédaction hindoustanie est divisée rigoureusement en portions correspondant aux tranches numérotées de la peinture ; le sanscrit n'indique les divisions que par accident ; mais comme le récit s'y trouve en général plus développé, je l'ai pris pour base, en le complétant ou en l'éclaircissant à l'occasion par l'hindoustani.
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La peinture, comme l'indiquent formellement les deux notices jointes, est une illustration continue du Svayambhûpurâna, ou plus exactement du Svâyambhuva purâna, comme l'indique expressément le titre. M. Foucher avait bien compris que cette peinture pouvait jeter quelque lumière sur la question des diverses recensions du Purâna. Le peintre a, en effet, fondé son illustration sur la recension sanscrite encore inédite et dont j'ai signalé la valeur (I, 208 et 212, notes). Il a, p. ex., développé avec complaisance les aventures de Koṭikarṇa (nºs 75-80) que le Svâyambhuva raconte à propos du Cintâmaṇi tîrtha, et qui manquent complètement au Vṛhat-Svayambhû-p. de la Bibliotheca Indica. L'œuvre est incontestablement récente et a sans doute été exécutée pour Hodgson pendant son séjour au Népal; mais il est probable qu'elle reproduit un modèle connu et sensiblement plus ancien ;
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temples et monastères possèdent des tableaux de ce genre, qui rappellent souvent leur fondation et le miracle qui l'a provoquée ; on les suspend au dehors à certains jours de fête, à l'occasion des processions. Ces peintures sont donc comme le prolongement des vieilles miniatures népalaises que M. Foucher a étudiées avec tant d'autorité et de compétence ; ici encore, sur le domaine de l'archéologie et de l'art apparaît l'intérêt caractéristique du Népal ; nous y trouvons des séries continues, si rares dans l'Inde, et réparties sur une durée de plus de mille ans. Du bas-relief de Lajanpat aux tableaux et aux sculptures des artistes contemporains, nous couvrons un millénaire et demi.
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Je n'ai pu entreprendre l'étude de la composition ni des détails ; la compétence me ferait défaut. Mais je ne doute pas qu'un archéologue qualifié en tire des informations décisives sur l'origine de l'art népalais, sur les influences qu'il a subies, sur celles aussi qu'il a exercées tant au Nord qu'au Sud de l'Himalaya. Les hamsas qui peuplent le ciel rappellent de trop près les grues de l'art chinois et japonais pour ne pas imposer un rapprochement ; l'allure du cheval attelé ou monté est un indice précieux, ainsi que le traitement de l'éléphant. En outre, parmi les scènes représentées, figurent des jâtakas et des avadânas (Maṇicûḍa, Mahâkapi, Virûpa, Koṭikarṇa) qui peuvent fournir des termes de comparaison précis. Je me plais à croire que la Légende sacrée du Népal sera entre les mains des archéologues un document de valeur positive.
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La Procession de Matsyendra Nâtha est classée 6 Nép. « C'est un dessin à la plume, d'ailleurs habilement exécuté sur toile et mesurant 2m,85 de long sur environ 1 mètre de hauteur. Il est surtout intéressant au point de vue architectural et pittoresque, représentant une procession autour des murs d'une ville » (Foucher). J'ai signalé déjà (II, 44 sqq.) l'importance religieuse de la Matsyendra nâtha yâtrâ. La notice explicative dont je donne la traduction est écrite en sanscrit barbare.