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La formation de la langue marathe c4.s3.t2: Occlusives suivant une nasale

La formation de la langue marathe c4.s3.t2

Language
French

Occlusives suivant une nasale

c4.s3.t2.1

§ 82. Dans les groupes : nasale + occlusive, c'est l'occlusive qui est en marathe la partie résistante. La nasale est susceptible de différents traitements, dans lesquels son sort est solidaire de celui de la voyelle précédente (v. § 69) ; la consonne au contraire reste en principe sans changement. Le marathe s'accorde sur ce point avec le guzrati et s'oppose avec lui d'une part au groupe du nord-ouest, où une nasale sonorise l'occlusive sourde qui la suit, de l'autre à presque toutes les langues centrales où la nasale tend à l'emporter sur l'occlusive sonore (v. J. Bloch, J. As., 1912, I, p. 332 et suiv.; et les exemples donnés par Grierson, Phonol., p. 34 à 38; cf. ci-dessous § 124): De ces deux derniers types d'altération on ne trouve en marathe que des cas exceptionnels :

c4.s3.t2.2

Les mots kumji (kuñcikā) et palamg (paryaṅka- : cf. m. pālak, pālakḥ) se retrouvent à peu près dans tous les dialectes et sont probablement empruntés dans un bon nombre d'entre eux : on ne saurait s'étonner que le nom de la « clef » et d'une forme de « lit » aient voyagé. Quant à kamgaṇī (kaṅkaṇa-), et kamgavā (kaṅ-kata-) qui coexistent avec kamkaṇ et kamkavā il est possible que la sonorisation y ait un principe phonétique : en effet ce sont parmi les mots commençant par k les seuls où le groupe ṅk remonte au sanskrit ; or dans ces mots le sanskrit lui-même a dû hésiter, et présente par exemple le doublet kaṅku- : kaṅgu- (m. kāṃg) ; au contraire là où le marathe a conservé k intérieur, c'est qu'il s'agit d'un ancien kk (kamkoḷ = skr. kakkola-, kaṅkola-) issu lui-même généralement de rk (kāṃkḍī < karkaṭikā, kamkar < kar-kara-, kukar < kukkura-, kurkura-) ; kumkūṃ semblerait donc remonter non à skr. kuṅkuma- (cf. sindhi kuṅgū), mais à la forme attestée par le tokharien kurkama- et le sogdien kurkumba- (formes communiquées par MM. Sylvain Lévi et Gauthiot).

c4.s3.t2.3

Le second type d'altération ne se constate que dans des doublets récents du type vindhṇem : viṇhṇem (vyadh-, pkr. vindh-) ; et dans les formes aberrantes du nom de nombre « cinq », qui sont au contraire de date très ancienne et qu'on trouvera étudiées au chapitre des noms de nombre.

c4.s3.t2.4

§ 83. L'aspiration des occlusives donne lieu en marathe comme dans les langues parentes à des variations fréquentes, qui restent cependant trop sporadiques et trop irrégulières pour qu'on puisse y reconnaître une loi. On trouve partout des cas d'aspiration d'occlusives non aspirées, et de perte d'aspiration dans des occlusives aspirées ; seul le singhalais, semblable aux langues dravidiennes du sud, ses voisines, ignore toute aspiration (Geiger, § 14, 3 et § 27).

c4.s3.t2.5

§ 84. Parmi les phénomènes d'aspiration il faut distinguer deux cas. A l'initiale des mots, l'aspiration remonte souvent au prâkrit et se retrouve souvent aussi dans les langues congénères. C'est le cas dans khasṇem (kas-), khāpar (karpara-), khīl (kīla-; khīla- est attesté en védique tardif et en pali), khujā- (kubja-), p.-ê. khem-kaḍ (cf. kāṃkḍī ; skr. karkaṭa-), khelṇem (s'il s'agit bien de skr. krīḍ- ; khel- est attesté dès le Rāmāyaṇa), phaṇas (dialectalement