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La formation de la langue marathe c4.s3.t2.2

La formation de la langue marathe c4.s3.t2.2

Language
French

c4.s3.t2.2

Les mots kumji (kuñcikā) et palamg (paryaṅka- : cf. m. pālak, pālakḥ) se retrouvent à peu près dans tous les dialectes et sont probablement empruntés dans un bon nombre d'entre eux : on ne saurait s'étonner que le nom de la « clef » et d'une forme de « lit » aient voyagé. Quant à kamgaṇī (kaṅkaṇa-), et kamgavā (kaṅ-kata-) qui coexistent avec kamkaṇ et kamkavā il est possible que la sonorisation y ait un principe phonétique : en effet ce sont parmi les mots commençant par k les seuls où le groupe ṅk remonte au sanskrit ; or dans ces mots le sanskrit lui-même a dû hésiter, et présente par exemple le doublet kaṅku- : kaṅgu- (m. kāṃg) ; au contraire là où le marathe a conservé k intérieur, c'est qu'il s'agit d'un ancien kk (kamkoḷ = skr. kakkola-, kaṅkola-) issu lui-même généralement de rk (kāṃkḍī < karkaṭikā, kamkar < kar-kara-, kukar < kukkura-, kurkura-) ; kumkūṃ semblerait donc remonter non à skr. kuṅkuma- (cf. sindhi kuṅgū), mais à la forme attestée par le tokharien kurkama- et le sogdien kurkumba- (formes communiquées par MM. Sylvain Lévi et Gauthiot).