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La formation de la langue marathe c5.s2.t7: Ablatif

La formation de la langue marathe c5.s2.t7

Language
French

Ablatif

c5.s2.t7.1

§ 195. L’abl. masc.-neut. sing. en *-āt* a disparu de l’Inde et de Ceylan ; il ne semble plus subsister que dans tsig. *-al* (Miklosich, XI, p. 5). Le prākrit *-āo* qui l’a remplacé est à la base de v. sindhi *-āu* (Trumpp, p. 118 ; selon Beames, II, p. 225, la désinence moderne *-ām* est identique à celle-ci : dans ce cas elle aurait été sentie comme postposition puisqu’elle s’ajoute à l’oblique pluriel), probablement aussi de penj. loc. sing. *-oṃ* cité plus haut et des postpositions du type hindi *ko*, sindhi *khauṃ khām*, etc. (v. Grierson, K. Z., XXXVIII, p. 476).

c5.s2.t7.2

Il semble bien que l’on trouve la même désinence pkr. *-āo*, combinée avec le mot affixe *-ni -n*, dans l’ablatif sing. du vieux marathe en *-auni*, *-oni*, *-ūni* (*meghauni* « du nuage », *divūni* « depuis le jour », etc.), qui subsiste uniquement dans des mots à fonction grammaticale comme *kaḍūn*, *pāsūn* (v. m. *pāsauni*) « d’à côté [de] », *āmtūn* « de dedans » (cf. beng. du S.-E. abl. en *-tun*?) ou des adverbes comme *māgūn* « après ». La poésie et les textes de la secte Mānbhāv ont conservé pour marquer l’ablatif avec la valeur de *pāsūn* une forme *pāsāv* qui semble bien être l’ablatif du mot *pās* à l’état pur. L’absence de toute aspiration dans ces formes anciennes et la rareté dans les vieux textes du juxtaposé : oblique + gérondif du verbe « être » *hoūn* (mod. *hūn*) rend invraisemblable l’explication courante suivant laquelle v. m. *-ūn* serait une forme dérivée de la forme moderne en *-hūn* (cf. Beames, II, p. 234) : comme on le verra au contraire, l’inverse est le plus probable. V. mar. *-āo* aboutit normalement à m. mod. *-ā* : ceci rend possible l’explication de la postposition *lā* « pour » par un mot à l’ablatif ; v. plus bas § 200.

c5.s2.t7.3

§ 196. Ainsi, sauf le génitif-datif, le vieux marathe ne conservait que quelques désinences anciennes de cas indirects ; ce peu s’est réduit à presque rien dans la période moderne. Les rapports concrets et certains des rapports grammaticaux ont dû alors être exprimés par l’oblique accompagné de mots affixes qu’il reste à examiner.